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Le magazine "VSD" a été placé en redressement judiciaire

Fin 2018, Georges Ghosn, repreneur du titre, avait relancé une nouvelle formule de "VSD", mensuelle et non plus hebdomadaire, avec une pagination et un prix augmentés.

Fin 2018, Georges Ghosn, repreneur du titre, avait relancé une nouvelle formule de "VSD", mensuelle et non plus hebdomadaire, avec une pagination et un prix augmentés. - Fred Dufour-AFP

Le magazine VSD a été placé en redressement judiciaire un an après son rachat par le patron de presse Georges Ghosn, selon une décision du tribunal de commerce de Paris. Ce dirigeant est en conflit avec le groupe Prisma qui lui a cédé le magazine en 2018.

Un an après avoir été cédé par le groupe de presse magazine Prisma, le journal "VSD" a été placé en redressement judiciaire, selon une décision du tribunal de commerce de Paris. Le numéro d'août de ce magazine devrait paraître demain mardi 13 août malgré un différend avec l'imprimeur, avant un numéro spécial consacré à la chirurgie esthétique, a indiqué Georges Ghosn. Cet ancien patron de France-Soir est en conflit avec le groupe Prisma qui lui a cédé le magazine en juin 2018.

Dans le cadre de cette transaction, ce dirigeant de presse a reçu près de deux millions d'euros pour éponger des dettes et financer le départ de journalistes dans le cadre d'une clause de cession. Mais il y a eu "beaucoup d'irrégularités" dans la cession, accuse Georges Ghosn, qui menace Prisma d'une action judiciaire.

La cession eut lieu dans un climat tendu

La cession de VSD à sa société suisse Ghosn Capital avait été bouclée dans un climat très tendu, les salariés de l'hebdomadaire qualifiant ce projet de cession de "plan social déguisé" et son repreneur de "fossoyeur". La direction de Prisma n'était pas joignable lundi pour commenter l'information.

Fin 2018, Georges Ghosn avait lancé une nouvelle formule, mensuelle et non plus hebdomadaire, avec une pagination et un prix augmentés. Il y prônait un retour au "vrai journalisme" avec de nouvelles rubriques, tout en gardant "l'ADN" de VSD (people, sports extrêmes, photojournalisme...).

Le magazine avait été racheté en 1996 par Prisma

Depuis, la quasi-totalité de l'ancienne équipe de journalistes a fait valoir sa clause de cession, prévue par la collection collective, pour quitter le titre.

Lancé avec succès en 1977 par Maurice Siegel, ex-directeur d'Europe1, VSD (initiales de Vendredi, Samedi, Dimanche) se vendait à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires dans les années 1980, période où il connut son heure de gloire. Puis, le magazine, qui avait déposé le bilan en 1995, avait été repris par Prisma Media, filiale du groupe allemand Bertelsmann et éditrice de nombreux magazines comme "Femme Actuelle", "Gala" ou "Geo", qui l'a tenu à bout de bras pendant des années.

Dans un secteur de la presse magazine en pleine crise, les ventes ont chuté à moins de 80.000 exemplaires fin 2018, selon l'ACPM, très loin de Paris-Match qui écoule toujours en moyenne plus de 500.000 exemplaires chaque semaine, et les annonceurs ont déserté le titre.

Le repreneur de VSD, Georges Ghosn, vétéran de la presse française, a déjà été propriétaire de plusieurs journaux économiques (La Tribune, l'Agefi, le Nouvel Economiste...), et s'était même emparé du défunt journal France-Soir en 1999, avant de le revendre un an plus tard.

F.B avec AFP