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L'UFC-Que Choisir épingle EA Games et prône une régulation des achats dans les jeux vidéo

La couverture de FIFA 22 avec Kylian Mbappé

La couverture de FIFA 22 avec Kylian Mbappé - Electronic Arts

L'association dénonce des méthodes trompeuses pour les consommateurs. Elle reproche notamment l'utilisation de monnaies virtuelles et de "pochettes suprises", comparées à des jeux de hasard.

Une vingtaine d'associations de consommateurs européennes, dont l'UFC-Que Choisir, tirent la sonnette d'alarme, ce mercredi 1er juin, sur les pratiques des éditeurs de jeux vidéo. Ces derniers sont visés pour leurs nombreux systèmes d'achats intégrés aux jeux vidéo, qui mettent en jeu de véritables sommes d'argent. L'UFC-Que Choisir annonce mettre en demeure l'éditeur EA Games (Fifa, Les Sims) pour pratiques trompeuses.

"L'UFC-Que Choisir et ses homologues européens exigent une réglementation plus stricte passant notamment par l'interdiction des designs trompeurs, l’instauration de protections supplémentaires pour les mineurs ainsi que la transparence des transactions", peut-on lire dans le communiqué paru ce jour.

Concrètement, les associations reprochent à ces géants du jeu vidéo de ne pas afficher en euros les prix des objets virtuels qu'il est possible d'acheter. En effet, au sein de nombreux jeux vidéo, il est possible d'acheter certains objets (décoration, personnage, etc.) au moyen de monnaie virtuelle.

Pour s'offrir ces jetons numériques, un paiement bien réel est nécessaire (par exemple 50 euros pour obtenir 50 crédits virtuels). Le fait de ne pas indiquer le prix de ces objets en euros est dénoncé comme une pratique "opaque", faite pour "masquer ou déformer les coûts réels de ces contenus".

"Ils incitent d’abord les consommateurs à dépenser au final d’importantes sommes d'argent en exploitant les vulnérabilités de leur jeune public, par le biais d'un marketing agressif, de nombreux biais cognitifs et de probabilités de gains trompeuses", indique l'UFC-Que Choisir.

L'association demande ainsi une réglementation plus stricte de la part des autorités, estimant que la plupart des utilisateurs, plutôt jeunes, peuvent être aisément manipulés par ces systèmes.

D'autre part, l'UFC-Que Choisir réitère sa crainte, émise en 2017, concernant les "lootboxes", des sortes de pochettes surprises payantes, que l'on achète sans en connaître le contenu.

Dans certains jeux, elles permettent de gagner des bonus ou des objets virtuels. L'association se base notamment sur un rapport sur les "lootboxes", émis par le Conseil norvégien des consommateurs.

"Les éditeurs exploitent une série de techniques pour engranger un maximum de gains en se jouant des joueurs. Au cours des deux dernières décennies, les achats in-game (dans un jeu, ndlr) sont ainsi devenus une source majeure de revenus pour les éditeurs, générant plus de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2020", regrette l'association dans son communiqué.

Les lootboxes sont déjà interdites dans certains pays, à l'instar de la Belgique ou des Pays-Bas. En avril 2020, l'Europe a adopté une nouvelle classification obligeant les éditeurs de jeux-vidéo à indiquer que ces derniers contenaient des ventes de tels produits.

Victoria Beurnez