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L'Anses juge "peu vraisemblable" que la 5G constitue un risque pour la santé

Une antenne 5G.

Une antenne 5G. - FABRICE COFFRINI / AFP

L’agence gouvernementale chargée d'évaluer les effets sanitaires de la 5G confirme l'absence de risque sanitaire avéré spécifique à ce standard de téléphonie mobile, mais reste dans l'attente de mesures réelles d'exposition complémentaires.

Ils sont l'un des principaux griefs retenus contre la 5G. Les effets sanitaires de ce nouveau standard de téléphonie mobile, dont le déploiement a commencé sur le territoire français, ont fait l'objet d'un rapport de l'Anses, rendu public ce 20 avril. L'Agence nationale de sécurité sanitaire se veut rassurante: d'après ses observations et les éléments dont elle dispose, il est "peu vraisemblable" à ce stade que la 5G pose un nouveau risque pour la santé.

Trois principaux blocs de fréquences

Pour rappel, plusieurs blocs de fréquences ont vocation à être utilisés par la 5G: les blocs allant de 700 à 2100 MHz (déjà utilisés en 4G), ainsi que ceux de 3,5 GHz, sont déjà actifs. Les blocs de 26 GHz pouraient être activés dans certaines régions très denses, au cours des prochaines années.

L'Anses estime que les niveaux d'exposition pour les fréquences de 700 à 2100 MHz seront "vraisemblablement comparables" à ceux des précédentes technologies mobiles, dont la 4G.

L'Anses se positionne également au sujet des fréquences de 3,5 Ghz, qui constituent d'une certaine manière le coeur de la 5G. Ces bandes de fréquences, attribuées aux opérateurs en novembre dernier, permettent une pénétration suffisante dans les bâtiments, disposent d’une longue portée, et peuvent assurer un excellent débit.

"Le lien entre exposition aux radiofréquences et éventuels effets sanitaires pour la technologie 5G est, en l'état des connaissances, comparable aux bandes de fréquence utilisées pour les générations précédentes", peut-on ainsi lire dans le rapport, sur ces fréquences spécifiques.

Les 26 GHz à l'étude

Dans l'état actuel des choses, l'Anses se garde bien de se prononcer de manière définitive sur les fréquences 26 GHz, amenées à être déployées ces prochaines années. Ces dernières, qui permettront des débits records, avec une portée extrêmement faible, ne seront pas utilisées avant 2023 ou 2024.

L'agence déplore un manque de données et de recul sur le sujet, ces mêmes fréquences n'étant encore qu'en phase de test. L’Anses demande de nouvelles études spécifiques aux 26 GHz, "dans des situations d’exposition chronique ou aiguë" et sur les effets sur le corps. En parallèle, elle instruit en ce moment une expertise sur les effets cancérogènes de ces fréquences.

"Nous retenons que l’ANSES confirme que la 5G ne présente pas de risque spécifique pour la santé, dans les fréquences actuellement utilisées", réagit la Fédération française des télécoms, par communiqué. "Concernant la bande de fréquences autour de 26 GHz, la Fédération et ses membres souscrivent également aux recommandations de l’Agence pour des études complémentaires visant à améliorer la caractérisation des expositions".

Plusieurs recommandations, dont celle de mener et de soutenir de nouvelles études sur les effets biologiques et sanitaires de la 5G, ont ainsi été formulées. Parmi ces pistes figurent des mesures d'exposition dues au téléphone mobile en situation d'usage réel dans les différentes bandes de la 5G. Une piste par ailleurs suivie par l'Agence nationale des fréquences (ANFR), qui déploie des capteurs pour mesurer l'exposition aux ondes dans certaines zones 5G.

Des "campagnes de mesure pour chiffrer l'augmentation des niveaux de champ électromagnétique liée à un nombre important d'utilisateurs connectés simultanément au réseau 5G" sont également suggérées par l'Anses.

La mise en place d'un programme de surveillance de l'exposition aux champs électromagnétiques, afin de suivre les niveaux d'exposition actuels et futurs, notamment dans les cas où la 5G se superposera aux signaux 3G et 4G, est elle aussi prévue.

En janvier 2020 déjà, l'Anses avait déploré un "manque de données" sur les effets sanitaires de la 5G. L'agence avait alors appelé les opérateurs à lui transmettre davantage de données scientifiques sur les effets sanitaires de l'exposition à certaines fréquences d'ondes électromagnétiques.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech