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Etats-Unis: Facebook et Instagram suppriment les publications proposant l'envoi de pilules abortives

Des internautes proposaient via Facebook et Instagram d'envoyer des pilules abortives.

Des internautes proposaient via Facebook et Instagram d'envoyer des pilules abortives. - Manoocher Deghati - AFP

Alors que la Cour suprême américaine a décidé de ne plus protéger le droit à l'avortement, Facebook et Instagram suppriment les messages proposant d'envoyer par voie postale des pilules abortives.

Des publications retirées dans la minute. La Cour suprême américaine ayant décidé la semaine dernière de ne plus garantir le droit à l'avortement dans tout le pays, des messages ont rapidement fleuri sur Facebook et Instagram.

Des internautes proposaient d'envoyer par voie postale des pilules abortives aux femmes en ayant besoin, et vivant désormais dans des états américains où l'avortement n'est plus autorisé. Mais ces publications sont promptement retirées par Facebook et Instagram, a repéré Vice.

Suite à l'annonce de la décision de la Cour suprême, les mentions évoquant l'avortement médicamenteux en général, mais aussi des pilules spécifiques - comme le mifepristone et misoprostol - se sont multipliées vendredi matin sur Twitter, Facebook ou encore Reddit, selon le cabinet d'analyse Zignal Labs. Plus de 250.000 références ont ainsi été comptabilisées entre vendredi et dimanche par Zignal Labs, rapporte Associated Press.

L'envoi de pilule abortive légal depuis 2021

La pilule abortive représentait 54% des avortements aux Etats-Unis en 2020, selon les chiffres de l'institut Guttmacher, une organisation de défense du droit à l'avortement. La possibilité d'en envoyer de façon permanente par voie postale a été légalisée en décembre 2021 par la Food and Drug Administration (l'agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux), alors que la décision de la Cour suprême était toujours en attente.

Pour autant, Meta, maison-mère de Facebook et Instagram, considère que les publications y faisant référence contreviennent à sa politique de modération.

"Les contenus qui visent à acheter, vendre, échanger, donner, demander ou donner des produits pharmaceutiques ne sont pas autorisés", a affirmé lundi Andy Stone, directeur de la communication de Meta, dans un message publié lundi sur Twitter.

Tout en précisant qu'il était cependant possible de publier des informations sur l'accessibilité des médicaments sur ordonnance.

Une politique de modération à géométrie variable

La politique de modération de Meta est régulièrement critiquée, accusée d'être tantôt trop laxiste ou trop arbitraire. Les règles concernant les médicaments doivent aussi s'appliquer, en théorie, aux armes ou encore aux drogues.

Dans les faits, cette application reste à géométrie variable. Un journaliste d'Associated Press a ainsi fait le test aux Etats-Unis, en publiant sur Facebook lundi le message suivant: "Si vous me communiquez votre adresse, je vous enverrai une pilule abortive". La publication a été retirée dans la minute.

Le journaliste a ensuite publié le message à l'identique, en remplaçant une première fois "pilule" par "pistolet" et une seconde fois, par "cannabis". Les deux publications sont restées en ligne.

Anaïs Cherif