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Présidentielle US: des hackers russes ont-ils piraté les Démocrates pour aider Trump?

La présidente du parti démocrate Debbie Wasserman Schultz le 23 juillet dernier en Floride.

La présidente du parti démocrate Debbie Wasserman Schultz le 23 juillet dernier en Floride. - Gaston De Cardenas / AFP

20 000 messages confidentiels du parti ont été publiés par Wikileaks, provoquant ainsi la pagaille dans les rangs des Démocrates. Les experts en sécurité soupçonnent des pirates russes soutenant Donald Trump.

Moscou œuvre-t-il en sous-main pour Donald Trump ? Avec une telle question, on se croirait revenu au temps de la guerre froide. Mais elle se pose très sérieusement aux chercheurs en sécurité qui tentent actuellement de déterminer qui a fourni à Wikileaks les 20 000 mails internes du Parti démocrate dévoilés ce vendredi 22 juillet.

Même si ces courriers ne contenaient pas de la dynamite, ils ont révélé que la direction du parti avait favorisé la candidature d’Hillary Clinton face à Bernie Sanders. De quoi provoquer hier la démission de la présidente du Comité national démocrate (CND), Debbie Wasserman Schultz, et perturber fortement l’ouverture du Congrès des Démocrates, aujourd’hui, à Philadelphie.

Le camp Clinton dénonce une manoeuvre pro-Trump

L’équipe d’Hillary Clinton n’hésite pas y avoir l’œuvre de groupes de hackers russes, ceux qui avait déjà piraté le CND au mois de juin dernier, ainsi que diverses organisations politiques et think-tanks à Washington. Ils pourraient être aussi à l’origine d’intrusions en 2015 dans certains services de la Maison Blanche, du Pentagone et du département d’Etat. Selon le Washington Post, les pirates auraient alors agi sur ordre de Moscou pour favoriser Donald Trump que le président Poutine soutient officiellement.

Les mêmes auteurs sont-il à l'origine de ce nouveau scandale? Le directeur de campagne d’Hillary Clinton, Robby Mook, en est en tous cas persuadé. Il a déclaré sur la chaîne ABC que ce vol de données était destiné à "aider Donald Trump". "C’est de la pure affabulation", a répliqué Paul Manafort, le directeur de campagne de Donald Trump. Mais les récentes déclarations du candidat Républicain en faveur de Poutine ne plaident pas en sa faveur. Manafort a, par ailleurs, travaillé pour Viktor Ianoukovitch, un allié clef de Poutine qui s'était imposé comme Président de l’Ukraine en 2010, avant d'être destitué en 2014.

Espionner des élections, une pratique courante

CNN souligne que les services de renseignement étrangers tentent traditionnellement de soutirer des informations en période électorale. Des attaques avaient ainsi déjà eu lieu en 2012 lors de la précédente campagne présidentielle. Mais on a encore jamais constaté de piratages informatiques destinés à renverser l'issue d'un scrutin sur le sol américain, souligne le New-York Times.

Bob Gourley, ancien officier de l’agence de renseignement de la défense américaine, est persuadé qu’il s’agit bien de hackers russes. "Le code que j’ai vu de ce hack porte l’empreinte des Russes", a-t-il confié à Bloomberg. La société de sécurité Crowdstrike avait immédiatement identifié des Russes au mois de juin. Et les pirates sont connus pour utiliser le même code lors de leurs attaques. Un autre ancien officier de renseignement, Mike Flynn, travaillant désormais pour Trump, reconnaît lui-même que les Russes pourraient être derrière ce hack.

Les Démocrates espèrent maintenant obtenir de nouveaux éléments grâce au FBI qui vient d'ouvrir une enquête.

Amélie Charnay