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Orange a bloqué Google.fr pour apologie du terrorisme

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En raison d'une "erreur humaine", l'opérateur a redirigé le moteur de recherche vers le site du ministère de l'Intérieur. Les sites de Wikipedia et d'OVH ont également été impactés.

Ce matin, 17 octobre, les abonnés d'Orange qui ont voulu effectuer une recherche sur Google.fr ont eu la surprise de se voir redirigés sur une page du ministère de l'Intérieur, indiquant que le moteur de recherche "incitait à des actes de terrorisme ou avait fait publiquement l'apologie d'actes de terrorisme". Cette page est généralement utilisée en cas de censure par le gouvernement. Depuis l'adoption de la loi sur le terrorisme en 2014, celui-ci peut en effet bloquer des sites Internet faisant l'apologie du terrorisme selon une procédure administrative, sans contrôle judiciaire.

Google, évidemment, est loin d'avoir rejoint les rangs de Daech. Cette redirection provenait en fait d'une erreur de paramétrage au niveau des serveurs d'Orange. L'opérateur a confirmé qu'il s'agissait "d'une erreur humaine, intervenue lors d'une opération technique sur un serveur". D'ailleurs, Google.fr n'a pas été l'unique impacté: les sites de Wikipedia France (fr.wikipedia.org) et de l'hébergeur OVH (ovh.com) ont également été bloqués par l'opérateur historique. "L'incident a duré environ une heure", a précisé l'opérateur auprès de Nextinpact.

Quand le gouvernement contraint les FAI à censurer un site web, ces derniers utilisent généralement la technique dite du "blocage DNS". Le DNS (Domain Name System) est l'annuaire de l'Internet qui permet de faire correspondre un nom de domaine à une adresse IP. Pour accéder à un site web, le navigateur d'un abonné interroge les serveurs DNS de son opérateur qui, ensuite, le dirigeront vers le bon site. Lorsqu'un site web est censuré, les opérateurs se contentent alors de rediriger les internautes vers la page du ministère de l'Intérieur. Ce type de blocage ne fonctionne pas à tous les coups. Il suffit, par exemple, qu'un internaute utilise d'autres serveurs DNS que celui de son opérateur pour contourner la censure.