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Certains jouets connectés mettent vos enfants sur écoute

La poupée Mon amie Cayla

La poupée Mon amie Cayla - YouTube (Forbrukerrådet Norge)

Plusieurs associations de consommateurs mettent en garde contre un fabricant de jouets connectés. Il est accusé d’espionner les enfants et de mal sécuriser ses produits.

En faisant un tour chez Toys “R” Us, Carrefour ou Auchan, vous tomberez peut-être sur Mon amie Cayla ou le robot i-Que. Pour séduire vos enfants, ces deux jouets promettent de discuter avec eux à l’aide d’une intelligence artificielle, d’un microphone et d’un haut-parleur. Mais ce que ne dit pas Cayla, c’est qu’elle joue également les espions. Aux Etats-Unis et en Europe, des associations de défense des consommateurs ont déposé une plainte contre Genesis Toys, le fabricant des deux produits, qui enregistre et transmet toutes les conversations.

Des publicités Disney soufflées à vos enfants

Pour permettre à ses appareils de comprendre des phrases et d’y répondre, Genesis Toys utilise un logiciel développé par Nuance, une multinationale spécialisée dans la reconnaissance vocale. Basée aux Etats-Unis, elle récupère et stocke les conversations entre les enfants et leur jouet. Comme l’explique l'organisme de protection des consommateurs norvégien Forbrukkerradet, les parents ne sont pas clairement avertis de cette intrusion dans la vie privée de leur progéniture.

Selon les très longues conditions d’utilisation de ses produits, Nuance est libre de faire ce qu’il veut des enregistrements. Il peut donc les revendre à des annonceurs, qui pourront à leur tour se servir de ces conversations pour mieux cibler leurs publicités. Dans les faits, Cayla et i-Que peuvent solliciter l’avis de leurs jeunes partenaires sur leur type de chocolat préféré avant de transmettre les millions de réponses aux géants du secteur. Actuellement, les produits font déjà la promotion de produits Disney auprès des enfants.

Une sécurisation inexistante

Toujours selon Forbrukkerradet, ces conditions d’utilisation peuvent évoluer à tout moment, sans que l’utilisateur n’en soit informé. Un fonctionnement qui irait à l’encontre des directives européennes portant sur les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs et sur le respect des données personnelles.

En plus d’être intrusifs, les produits vendus par Genesis Toys sont très mal sécurisés. N’importe quel smartphone situé à moins de 20 mètres peut s’y connecter et profiter du microphone intégré pour entendre ce qu’il se passe dans l’environnement du jouet. Il est également possible d’en prendre le contrôle et de discuter à distance avec l’enfant. Des lacunes déjà signalées il y a un an mais qui n’ont jamais été corrigées.

Suite à ces révélations, l’UFC-Que Choisir annonce avoir saisi la CNIL et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Comme son homologue norvégienne, l’association recommande aux parents de “réfléchir à deux fois avant d’acheter la poupée Cayla et le robot i-Que”.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech