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Huawei accusé d’avoir triché pour que ses smartphones paraissent plus performants

La firme chinoise reconnaît avoir configuré ses derniers appareils pour qu’ils affichent de meilleurs résultats sur les applications de test de puissance. La marque n’est pas la première à être prise la main dans le sac.

Pour se démarquer de la concurrence, les fabricants de smartphones ont pris pour habitude de promettre des performances inédites à la sortie de chaque modèle haut de gamme. Pour vérifier la véracité de leur discours, les utilisateurs ont à leur disposition des applications de benchmarks, chargées de simuler des usages gourmands en ressources et d’attribuer une note aux différents produits. C’est notamment le cas de l’appli 3DMark, dont les développeurs accusent Huawei d’avoir triché pour obtenir de meilleures notes.

“Une pratique habituelle en Chine”

Sur son site, UL Benchmarks (éditeur de 3DMark) affirme avoir retiré les Huawei P20, Huawei P20 Pro et Huawei Nova 3 de son classement des smartphones, après que le site AnandTech a publié un article sur le comportement de ces mobiles. Huawei est accusé d’avoir programmé ses appareils afin qu’ils adaptent leurs performances dès lors qu’un test de 3DMark est détecté, gonflant artificiellement les résultats. Des conditions difficiles à maintenir sur la durée sans risque de surchauffe du smartphone.

Interrogé par AnandTech, un responsable de Huawei justifie ce comportement par celui de la concurrence. “Les autres [fabricants de smartphones, ndlr] ont recours aux mêmes tests, avec des scores élevés, et Huawei doit réagir”, explique Chenglu Wang, en charge de la partie logicielle chez Huawei. “Dans l’écosystème Android, d’autres fabricants publient de faux chiffres”, explique-t-il, précisant qu’il s’agit d’une “pratique habituelle en Chine”.

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D’importants écarts de résultats

Sur le site Android Authority, un porte-parole de Huawei explique qu’un “mode performance” s’active dès lors qu’une application de test de puissance est détectée. Selon les tests réalisés par les équipes de 3DMark, les smartphones de la marque se contentent en réalité de détecter le nom de l’application, sans analyser la nature des tests en eux-mêmes. En remplaçant le nom “3DMark” par un autre terme, les performances chutent d’un tiers sur le Huawei P20 Pro, malgré une suite d’opérations identique.

L’expérience montre que les applications de benchmarks les plus populaires sont explicitement visées. Dans ces conditions, il est peu probable que l’utilisateur puisse bénéficier de telles performances au quotidien, en dépit de l’existence d’un mode dédié au jeu sur les terminaux haut de gamme de Huawei. Le géant chinois, désormais deuxième plus gros vendeur de smartphones au monde, n’est pas le premier à tricher lors de tests de benchmarks. L’an dernier, OnePlus était également visé pour la même raison. En 2013, LG, Samsung et HTC étaient également accusés de fausser les résultats de leurs smartphones.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech