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Trois conseils pour se protéger des ondes de son smartphone

Face aux craintes grandissantes des utilisateurs de smartphones concernant les dangers des ondes émises par leur appareil, voici quelques recommandations pour réduire son exposition facilement et à moindre frais.

Le sujet est très sensible pour certains, au point de les mener devant les tribunaux. Ce 23 avril, on apprenait que des clients d’Enedis étaient déboutés à Bordeaux, après avoir demandé le retrait du compteur intelligent Linky en raison de ses émissions d’ondes électromagnétiques. Le jugement a toutefois imposé à l’entreprise de poser des “filtres à ondes” pour 13 clients électro-sensibles.

Plusieurs entreprises profitent de ces craintes pour lancer des produits censés protéger l’utilisateur des ondes de son smartphone, classées comme “peut-être cancérogènes” pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé. Voici, par ordre d’efficacité, les bons réflexes à avoir. Le tout sans dépenser un centime.

Ce qui fonctionne

1. Éloigner l’appareil de son oreille

En matière d’exposition aux ondes, le moindre millimètre compte. En éloignant son smartphone de son oreille, il est ainsi possible de faire chuter drastiquement l’impact des émissions sur son cerveau. A ce titre, la méthode la plus efficace reste d’opter pour des oreillettes, filaires ou Bluetooth, qui émettent largement moins d’ondes que le smartphone. Faute de matériel adapté, utiliser le haut-parleur de son mobile se révélera également très efficace, à condition de se trouver dans un environnement adapté.

Notons que le pic d’émissions d’ondes a lieu lorsque l’on déclenche l’appel vers un correspondant. A ce moment, le téléphone va interagir avec les antennes-relais à proximité pour établir une connexion. Si les conditions imposent de tenir son mobile à l’oreille, il est très recommandable d’attendre que la première sonnerie soit émise - une fois la connexion établie - pour placer le smartphone près de sa joue, si possible sans le coller à la surface de la peau.

2. Faire très attention à la qualité du réseau

Pour établir le DAS (débit d'absorption spécifique), une norme d’émissions que doivent afficher tous les fabricants, des tests sont effectués en laboratoire. Ce chiffre correspond aux émissions maximales d’un smartphone, que l’on retrouvera dans le cas d’une connexion très difficile. Autrement dit, lorsque la qualité du réseau sera la moins bonne.

Et selon les conditions d'appel, les écarts peuvent être immenses. D’après de récents calculs publiés par l’Agence nationale des fréquences (ANFR), la quantité d’ondes émises par un smartphone utilisé dans un environnement difficile peut en moyenne être multipliée par 32.000, par rapport à la quantité d'ondes émises par un appareil utilisé dans des conditions idéales.

Il est donc primordial de s’assurer que l’on dispose d’une bonne réception avant de passer un appel. A l’inverse, appeler depuis un endroit où le réseau est mauvais ou dans un véhicule en mouvement (par exemple dans le train) conduit à s’exposer au maximum aux ondes.

3. Limiter la durée des appels

La nocivité des ondes se manifeste par un échauffement des tissus biologiques de notre organisme. Cet échauffement est lié à l’intensité des ondes, mais également à la durée de l’exposition. Un long appel dans de mauvaises conditions de réception avec le smartphone collé à la joue est donc la pire situation possible.

Ce qui ne fonctionne pas

1. Tout miser sur le DAS

Pour se prémunir contre les ondes électromagnétiques de notre smartphone, certains sont tentés de se concentrer sur la valeur du DAS pour choisir un appareil. Si l’intention semble bonne, il est impossible de s’assurer qu’un smartphone ayant un DAS plus faible émettra globalement moins d’ondes qu’un appareil ayant un DAS plus élevé.

Pour rappel, ce chiffre est une valeur maximale. Mais avec de bons composants - notamment au niveau des antennes - et une bonne gestion du réseau, un mobile ayant un pic d’émissions élevé (symbolisé par le DAS) peut au quotidien et en moyenne assurer un niveau d’émissions modéré. A ce titre, le DAS n’est pas l’élément le plus pertinent pour limiter son exposition.

2. La plupart des accessoires anti-ondes

Sont également déconseillés les accessoires anti-ondes, comme les patchs à coller à l’arrière de son smartphone, que l’on trouve sur Internet ou dans la grande distribution. Ces produits promettent une diminution des ondes pouvant aller jusqu’à 99%, que l’on obtient naturellement (et gratuitement) dès lors que l’on téléphone avec une bonne qualité de réseau et/ou avec une oreillette.

Dans des conditions plus difficiles, ces patchs peuvent effectivement bloquer les émissions d’ondes électromagnétiques, mais ont alors des effets négatifs, voire contre-productifs: la qualité d’appel est très impactée, ce qui pousse le smartphone à émettre encore plus d’ondes.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech