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Ces "plantes technologiquement augmentées" se déplacent à la recherche de lumière

Aux États-Unis, des scientifiques travaillent à rendre les végétaux autonomes, capables de trouver eux-mêmes les nutriments, la lumière et l’eau dont ils ont besoin. Ils rêvent de créer un "jardin cyborg".

Imaginez votre ficus qui se balade tout seul dans votre salon pour se rendre à l’endroit le plus lumineux de la pièce, ou même pour se servir un peu d’eau. Ce n’est pas une fiction mais une techno développée par des chercheurs du MIT Media Lab. Leur projet, Elewan, consiste à donner aux plantes les moyens technologiques de répondre elles-mêmes à leur besoin, en se basant sur ce qu’elles expriment.

Car oui, une plante communique! Ces chercheurs ont isolé les signaux électriques qu’elles produisent en continu. La "tonalité" de ces signaux varie en fonction de la lumière, de la température, de leur état de santé, mais aussi de la détection de contact.

Grâce à des électrodes plantées dans les tiges et la terre, ces signaux sont interprétés puis transformés en langage numérique. La plante est placée dans un pot doté de petite roues et d’un logiciel de commande, et les roulettes se mettent à bouger en fonction des signaux envoyés par la plante.

Des plantes imprimantes

Dans la seule vidéo postée par les chercheurs, on voit la plante-cyborg placée entre deux lampes de bureau. Une des lampes s’allume, la plante se déplace vers elle. Elle s’éteint et l’autre s’allume, la plante recule vers elle.

Pour le moment, c’est un tout premier exemple du projet fou de ces scientifiques, de créer un "jardin cyborg", une sorte de "nature augmentée technologiquement" qui, en peaufinant la technologie, pourrait notamment apporter beaucoup à l’agriculture. Les tournesols, les maïs pourraient renseigner les cultivateurs sur leurs besoins précis, les prévenir de petites modifications de l’environnement.

À terme, la plante deviendrait totalement autonome. Elle trouverait les nutriments dont elle a besoin, se servirait un peu d’eau en cas de coup de chaud. Elle pourrait même devenir elle-même un outil technologique, à écouter ces chercheurs. Sans livrer de détails plus précis, ils évoquent par exemple des plantes imprimantes! Parce que, la conviction de ces scientifiques est que la meilleure high-tech mise au point par l’humain ne surpassera jamais la perfection de l’ingénierie de la nature. Ils estiment ainsi que pour faire progresser nos technologies, il faut se servir des plantes.

Nina Godart