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Des livreurs Amazon renvoyés par un algorithme

Les livreurs d'Amazon Flex se font mettre à la porte par un algorithme pistant leur performance. Ce n'est pas la première fois que de tels cas de management sont rapportés au sein de l'entreprise.

Chez Amazon, un programme déciderait seul de supprimer des comptes de livreurs. C'est Bloomberg qui révèle l'existence de cet algorithme qui gère la flotte de livreurs du service Amazon Flex aux Etats-Unis ou encore au Canada, sans intervention humaine.

Un algorithme pour pister les performances

Les livreurs, qui ne sont pas salariés d'Amazon, mais travaillent "à la tâche" comme les chauffeurs Uber, utilisent une application pour connaitre leurs points de livraisons. Cette dernière les piste et enregistre leur taux de productivité. Un algorithme leur attribue alors des notes allant de "très bien" à "risqué", et les congédie par mail sans aval d'un supérieur - ou d'un humain.

Plusieurs témoignages font état de mise à la porte sans "causes réelles" ou dus à des problèmes techniques reportés sur l'application. Une livreuse témoigne par exemple que sa note est tombée au plus bas après une interruption de sa course due à un pneu crevé. Elle a été remerciée via la suppression automatique de son compte.

200 dollars pour contester

Un autre livreur explique qu'il n'a pas pu livrer un colis car le portail de l'immeuble était fermé, et que les clients ne lui répondaient pas. Noté comme "risqué", il a également été licencié.

Les livreurs qui se trouvent dans ce cas de figure peuvent contester la fin du contrat avec Amazon, mais cela leur coûte 200 dollars de procédure. "Dès qu'il y a un problème, il n'y a aucun soutien", explique l'un d'entre eux auprès de Bloomberg.

Pour assurer ce service en temps et en heure, Amazon emploie 4 millions de livreurs à travers le monde, dont 2,9 aux Etats-Unis.

Selon une porte-parole d'Amazon, Kate Kudrna, ces témoignages de livreurs sont anecdotiques et ne représentent pas l'environnement de travail d'Amazon Flex. "Nous avons largement investi dans la technologie et les ressources pour proposer aux livreurs de la visibilité sur leur service, et sur leur éligibilité à le continuer", a-t-elle dit.

Une pratique déjà connue

En 2019, le média américain The Verge révélait déjà que la firme utilisait des systèmes automatisés pour surveiller la productivité de leurs salariés en entrepôt.

En cas de manque de productivité détecté par l'algorithme, ce dernier envoyait de son propre chef - et sans intervention humaine - une lettre de licenciement à l'employé concerné. Un entrepôt à Baltimore était particulièrement concerné par cette pratique: The Verge y rapportait plusieurs centaines d'employés licenciés sans aucune intervention humaine, pour des raisons de "productivité".

Victoria Beurnez