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Après l’Australie et les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande bannit Huawei

"Les entreprises chinoises suivent les réglementations internationales et observent les lois locales", se défend le gouvernement chinois

"Les entreprises chinoises suivent les réglementations internationales et observent les lois locales", se défend le gouvernement chinois - Greg Baker / AFP

Après les Etats-Unis et l'Australie, c'est au tour de la Nouvelle-Zélande d'exclure Huawei du marchés des télécommunications craignant des risques d'espionnage par Pékin.

Il y a quelques jours, Donald Trump demandait à plusieurs pays alliés des Etats-Unis d'interdire les systèmes de télécommunication de Huawei qui, selon les services secrets américains, seraient les oreilles de Pékin. Le message a été reçu par la Nouvelle-Zélande qui fait partie des "Five Eyes", cette alliance entre les services de renseignement néo-zélandais, australiens, britanniques, américains et canadiens.

Spark, premier opérateur de télécommunications néozélandais, ne s’équipera finalement pas chez le fournisseur asiatique pour développer son réseau 5G. Dans un communiqué, il explique que le bureau gouvernemental pour la sécurité des communications (Government Communications Security Bureau, GCSB) a rejeté l’opération. Selon le chef du GCSB, Andrew Hampton, les équipements chinois posent des "risques significatifs pour la sécurité nationale".

Un rejet "d’ordre technologique"

Depuis Pékin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé une "profonde préoccupation" et a rappelé que les entreprises chinoises "suivent les principes du marché et des réglementations internationales" et se soumettent aux "lois locales". Il souligne aussi que "les partenariats économiques et commerciaux entre la Chine et la Nouvelle-Zélande apportent des bénéfices mutuels".

Le gouvernement néozélandais a rapidement réagi en niant que ses services secrets auraient subi des pressions des "Five Eyes". "Aucun avis n'a été transmis au GCSB par l'Australie, par les Etats-Unis ou autres", a affirmé le ministre néo-zélandais de la Justice Andrew Little, dont dépend le GCSB. Selon lui, le rejet de Huawei serait d’ordre technologique sans plus d'explications.

La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne s'inquiètent

Après les Américains, l'Australie a exclu Huawei ainsi que ZTE, du déploiement du réseau 5G en expliquant clairement que ces entreprises présentent un risque pour la sécurité. Récemment, le Canada, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont aussi fait part de leur inquiétude sur les équipements de Huawei sans pour autant le bannir.

Pour rassurer les autorités allemandes, le groupe chinois a décidé de collaborer avec l’Office fédéral de la sécurité des technologies de l’information (BSI) en créant un laboratoire de sécurité informatique. Cette initiative ne fait pas l'unanimité. Selon Reuters, des responsables des ministères de l’intérieur et des affaires étrangères restent convaincus d’un risque d’espionnage et tentent de faire pression pour exclure le groupe du marché des télécommunications.

Avec un chiffre d'affaires de 603,6 milliards de yuans (76,8 milliards d'euros) en 2017, Huawei est le numéro un mondial des équipements de télécommunication devant Ericsson et Nokia. 

Pascal Samama avec AFP