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Allemagne: des parents autorisés à accéder au compte Facebook de leur fille décédée en 2012

Des parents autorisés à accéder au compte Facebook de leur fille décédée en 2012

Des parents autorisés à accéder au compte Facebook de leur fille décédée en 2012 - BFMTV

La Cour fédérale allemande a fait plier Facebook en lui ordonnant de donner accès au compte d'une adolescente décédée à ses parents qui tentent de comprendre si leur fille s'est suicidée.

La plus haute instance judiciaire allemande a autorisé mardi les parents d'une adolescente décédée à accéder directement à son compte Facebook, ce à quoi s'opposait le géant du numérique, a annoncé leur avocat.

La Cour fédérale de justice avait déjà autorisé en 2018 les parents de cette jeune fille, décédée à 15 ans en 2012 écrasée par un métro à Berlin, à accéder à son compte sur le réseau social et ainsi à tenter de savoir si le décès était accidentel ou s'il s'agissait d'un suicide.

Facebook arguait que l'accès aux données de l'adolescente pourrait violer les contenus privés d'autres utilisateurs qui communiquaient avec elle. A l'issue de cette décision, Facebook avait donné aux parents une clé USB contenant 14.000 pages en format PDF présentant une masse de données difficilement exploitables.

La justice s'oppose à Facebook

Le compte de la jeune fille avait été placé depuis son décès en mode "En mémoire de", qui permet de partager des posts en souvenir de la personne disparue mais pas à ses proches d'accéder à ses messages ou photos.

Les parents ont donc à nouveau saisi la Cour qui a exigé cette fois de Facebook qu'il donne un véritable accès au compte de la jeune défunte.

"Le transfert de fichiers sur des clés USB n'est tout simplement pas suffisant. Les héritiers doivent pouvoir accéder au compte de la même manière que le titulaire lui-même. Joie!", a salué sur Twitter l'avocat des parents, Christlieb Klages.

La question de l'héritage numérique, imbroglio éthique et légal, émerge régulièrement dans différents pays.

En 2016, Apple s'est engagé dans un bras de fer avec le FBI, qui voulait l'obliger à déverrouiller l'Iphone de l'un des deux auteurs de l'attentat de San Bernardino, commis en Californie l'année précédente.

En revanche, Apple s'est montré plus coopératif avec un père italien, qui réclamait en 2016 le déblocage de l'iPhone de son enfant, mort d'un cancer pour en récupérer les souvenirs et les photos.

P.D. avec AFP