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5G: le chef du renseignement britannique dédramatise une coopération éventuelle avec Huawei

Les Etats-Unis font de leur côté pression sur l'Europe, dont le Royaume-Uni, pour exclure Huawei, invoquant les liens de l'entreprise avec le gouvernement chinois et le fait que ces équipements pourraient être utilisés à des fins d'espionnage

Les Etats-Unis font de leur côté pression sur l'Europe, dont le Royaume-Uni, pour exclure Huawei, invoquant les liens de l'entreprise avec le gouvernement chinois et le fait que ces équipements pourraient être utilisés à des fins d'espionnage - Josep Lago-AFP

L'exécutif britannique peut travailler avec l'industriel chinois des télécoms Huawei dans la 5G sans compromettre ses liens avec les services secrets américains, a estimé, ce lundi, le chef du MI5, le renseignement britannique chargé de la sécurité intérieure. L'ouverture à Huawei sur la 5G sera décidée, outre-Manche, d'ici la fin janvier 2020.

Le gouvernement britannique peut travailler avec l'équipementier chinois qui pourrait fournir des matériels télécoms 5G aux opérateurs du Royaume-Uni. C'est l'opinion du chef du service du "MI5", le renseignement britannique en charge de la sécurité intérieure du Royaume-Uni, Andrew Parker. Ce dernier estime que cette coopération ne compromettrait pas ses liens avec les services de renseignement américains.

Interrogé sur les possibles dégâts qu'un tel choix technologique ferait peser sur les relations dans le renseignement avec Washington, le responsable britannique a déclaré ne pas avoir "de raison aujourd'hui de penser cela", dans un entretien au quotidien britannique Financial Times. Le partenariat entre les États-Unis et le Royaume-Uni est "très étroit et de confiance", ajoute Andrew Parker, qui doit quitter son poste en avril 2020.

Boris Johnson donnera-t-il son feu vert à Huawei?

Ces propos surviennent sur fond de spéculations sur un possible feu vert donné prochainement par le Premier ministre Boris Johnson sur la participation de l'industriel chinois au réseau mobile 5G britannique.

Les États-Unis font, de leur côté, pression sur l'Europe, dont le Royaume-Uni, pour exclure Huawei des marchés pour l'équipement des réseaux 5G d'opérateurs, invoquant les liens de l'entreprise avec le gouvernement chinois et le fait que ces équipements pourraient être utilisés à des fins d'espionnage, ce que Huawei a toujours démenti. Washington menace notamment de réduire sa coopération et ses échanges d'informations avec ses alliés, qui choisiraient de coopérer avec Huawei sur la 5G, autour du "Five Eyes", partenariat des services de renseignement des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

"Nous avons une relation étroite et de longue date avec les Etats-Unis concernant la sécurité et le partage de renseignement et cela va continuer", a déclaré lundi le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson. Il a confirmé par ailleurs la tenue d'une réunion dans la journée entre responsables américains et britanniques de la sécurité nationale et des télécoms.

La presse britannique avait révélé un peu plus tôt l'arrivée d'une délégation américaine à Londres afin de persuader le gouvernement britannique de ne pas travailler avec Huawei. Le Royaume-Uni a repoussé à plusieurs reprises sa décision sur Huawei, notamment en raison des élections législatives de décembre. Mais selon la presse britannique, elle est désormais imminente et pourrait être rendue dès janvier.

En France, une loi votée en 2019 obligé les opérateurs à soumettre leurs demandes d’installation d’équipements télécoms 5G à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (qui dépend du Premier ministre), avant tout déploiement sur le territoire.

Frédéric Bergé avec AFP