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La grande couronne est la locomotive du marché immobilier de la région parisienne

Les dernières données des notaires du Grand Paris montrent que l'engouement pour la grande couronne s'est amplifié depuis le début de la crise sanitaire.

Le marché immobilier francilien est particulièrement dynamique avec des prix en forte croissance au troisième trimestre 2021. En Île-de-France, par rapport au troisième trimestre 2020, la hausse des prix de l'immobilier est de 4% (contre +8,8% en province) selon les dernières données des notaires. Les maisons sont davantage marquées par l'augmentation, en hausse de 7% sur un an, contre 2,5% pour les appartements, une première pour la région depuis 2016.

Un budget de 355.000 euros en moyenne

Concrètement, pour acheter un bien ancien en Île-de-France, il faut débourser en moyenne 6.840 euros par mètre carré, soit +2,5% de plus qu'il y a un an. A Paris, le prix au mètre carré reste quant à lui stable à 10.790 euros. Dans le détail, les prix moyens s'échelonnent entre 9.250 euros dans le 20e arrondissement et 14.540 euros dans le 6e.

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"Paris reste à l'écart de la dynamique de hausse des prix", soulignent les notaires du Grand Paris, qui estiment que cette tendance pourrait "se prolonger d'ici janvier 2022".

Et pour acheter une maison dans l'ancien dans la région parisienne, les acquéreurs déboursent en moyenne 355.300 euros, montant en hausse de 7% en un an.

Les Franciliens s'éloignent grâce à la pérennisation du télétravail

En parallèle, "l'engouement pour la grande couronne s'est amplifié", notamment grâce à la "pérennisation du télétravail", a expliqué Yann Pezeron, notaire à Montfort-L'Amaury, lors de la conférence de presse des notaires du Grand Paris.

Ainsi, les prix des appartements progressent de 4,6% sur un an en petite couronne et de 5,6% en grande couronne. Pour les maisons, les augmentations sont de 6,5% en petite couronne et de 7,3% en grande couronne.

"Il y a un goût plus fort des Franciliens pour les zones plus éloignées en Île-de-France, aussi parce que les maisons coûtent moins cher, mais c'est une situation inédite", analyse Thierry Delesalle, notaire à Paris et président de la commission statistiques immobilières.

"Le regain de faveur, dont bénéficiait déjà la grande couronne depuis plusieurs trimestres, s’est encore renforcé. En effet, ce marché offre des prix encore accessibles, une offre diversifiée et renouvelée. Les biens disponibles correspondent aux nouvelles aspirations des Franciliens qui attendent plus d’espace et un environnement plus vert et moins dense", précisent les Notaires du Grand Paris.

Cet emballement se confirme dans les volumes de ventes qui ont bondi de 21% au troisième trimestre 2021 pour les appartements et de 23% pour les maisons en grande Couronne. En petite Couronne, l'activité progresse également avec +16% pour les appartements et +23% pour les maisons.

Néanmoins, s'il est vrai que les acheteurs souhaitent se mettre au vert, les maisons anciennes vendues en Ile-de-France sont majoritairement situées en zone urbaines (51% entre 2020 et 2021 contre 53% entre 2003 et 2019), avec une progression de la part des maisons vendues en zones rurales (20% entre 2020 et 2021 vs 17% entre 2003 et 2019), au détriment des zones périurbaines (29% entre 2020 et 2019 contre 30% entre 2003 et 2019).

Vers un nouveau record des ventes immobilières en France

En septembre 2021, l'Insee estime que 1,2 million de logements anciens ont été vendus sur les douze derniers mois, un chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis le quatrième trimestre 2020.

Toutefois, "les premiers indicateurs avancés font état d'un tassement des volumes des avant-contrats à l'automne", ont indiqué les notaires du Grand Paris, qui tablent sur un retour dans les prochains mois à "des volumes de ventes encore très élevés, mais moins exceptionnels".

Pour les notaires du Grand Paris, les défis majeurs à relever dans les mois à venir sont clairs: dépasser le "manque chronique de renouvellement de l'offre et le déficit de construction dans la région" et réussir à s'adapter aux "exigences réglementaires" environnementales du gouvernement.

MMP avec AFP