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Londres, ville plus française que Nantes ou Strasbourg ?

Londres, sixième ville française

Londres, sixième ville française - Photo by DAVID ILIFF. License: CC-BY-SA 3.0/Wikimedia

Plus de 300 000 Français habiteraient à Londres d’après la BBC. En termes de nombre d’habitants, cela ferait de la capitale anglaise la sixième ville française.

Les Londoniens français ont attiré l’attention des médias lors des dernières élections présidentielles. Les scènes de queues interminables des expatriés cherchant à déposer leur bulletin de vote ont fait le tour des JT, et ont bien prouvé que les Hexagonaux exilés au Royaume-Uni sont plus nombreux que l’on ne pourrait penser de prime abord.

Dans un article publié fin mai sur son site, la chaîne s’intéresse à la communauté des « Froggies » à Londres, qu’elle dénombre à « entre 300 000 et 400 000 citoyens français ». La journaliste anglaise évoque, en plus de témoignages d’Hexagonaux ayant succombé au London Calling, les prémices de l’immigration française au Royaume-Uni : « les Français sont arrivés en masse à l’Est de la ville au XVIIe siècle. Ces Huguenots, qui avaient subi des années de persécution dans leur pays à cause de leur religion protestante, ont été accueillis et protégés par le Roi Charles II ». Des villes telles que Nantes, Strasbourg et Montpellier, qui comptent entre 250 000 et 280 000 habitants chacune, seraient donc « moins françaises » que Londres, qui demeure selon la BBC la « sixième ville de France », malgré ses prix immobiliers prohibitifs.

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Aujourd’hui, pourquoi venir à Londres ?

Au-delà des raisons historiques, Londres se révèle particulièrement intéressante au niveau de ses opportunités d’emplois. Puisque le droit du travail est beaucoup moins protecteur qu’en France et que les licenciements se font bien plus facilement, l’embauche se révèle elle aussi plus aisée. D’après la Maison des Français de l’Etranger, le Royaume-Uni, et en particulier sa capitale, comptent de nombreux « secteurs à fort potentiels » pour d’éventuels émigrés hexagonaux, à l’instar de l’hôtellerie-restauration, l’enseignement, ou encore l’informatique. Les Français disposent d’une bonne réputation dans ces domaines, et de plus en plus quittent leur pays pour tenter leur chance sous l’Union Jack. Plusieurs cercles peuvent de plus offrir une aide solide aux nouveaux arrivants, que ce soit pour trouver un emploi, un logement, ou faciliter les démarches administratives, comme le Centre Charles Péguy, association à but non lucratif subventionnée entre autres par le ministère des Affaires étrangères.

Quelques limites à noter malgré tout

Proposons néanmoins quelques nuances à ce beau tableau. Si le marché de l’emploi britannique est connu pour être plus souple que le nôtre, le Royaume-Uni est cependant loin du plein emploi. D’après l’Office for National Statistics, le taux de chômage était de 8,2% début 2012, donc pas tellement inférieur à celui de l’hexagone. De plus, pour en revenir aux chiffres de la « sixième ville française », certains émettent des réserves quant à la véracité de l’affirmation de la BBC, comme des journalistes du Monde.fr, qui soulignent que 300 000 à 400 000 Français vivraient au Royaume-Uni dans son ensemble, et pas exclusivement dans la capitale. Ils notent pour finir qu’en 2001, Londres ne comptait qu’environ 38 130 Français, « il semble peu probable que cette population ait été multipliée par dix en dix ans ».

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Laura Makary