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Les géants de la tech rachètent à tour de bras des immeubles de bureaux à New York

Google cherche à acquérir l'ancien terminal ferroviaire de St. Johns pour 2,1 milliards de dollars. Une nouvelle opération qui illustre l'attractivité de Manhattan pour les GAFAM.

Depuis près de deux ans, les géants de la tech sortent le carnet de chèques et rachètent à tour de bras des immeubles de bureaux à Manhattan. Dernière opération en date: Google, qui a annoncé le 21 septembre dernier qu'il voulait acheter un immeuble de bureaux new-yorkais, sur l'île de Manhattan, pour un montant de 2,1 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros).

Selon le cabinet Real Capital Analytics, cité par le Wall Street Journal, il s'agirait du plus gros achat immobilier aux Etats-Unis pour un bâtiment abritant des bureaux depuis le début de la pandémie. Google loue déjà ces locaux, qui se trouvent sur le site d'un ancien terminal ferroviaire (St. Johns Terminal) dans le quartier de Hudson Square, au sud-ouest de Manhattan, près de la rivière Hudson.

Le géant californien souhaite ouvrir d'ici à la mi-2023 un campus d'une superficie totale de près de 160.000 mètres carrés et en faire son siège new-yorkais, en charge notamment des ventes et des partenariats. Le site final doit s'étendre sur trois bâtiments répartis entre Hudson Street et Washington Street. La construction de deux d'entre eux est déjà achevée.

Amazon contraint d'abandonner son campus géant

L'entreprise, dont le siège principal est à Mountain View en Californie, possède plusieurs bâtiments à New York: elle a racheté en mars 2018 le Chelsea Market, célèbre bâtiment du quartier de Chelsea pour 2,4 milliards de dollars, où se situent entre autres les bureaux de sa filiale YouTube. En 2010, elle avait acquis un immeuble situé en face du Chelsea Market pour 1,77 milliard de dollars.

En 2019, Amazon avait lui jeté l'éponge, alors qu'il comptait installer un nouveau siège dans le Queens à New York avec 25.000 emplois à la clé. Des élus et des citoyens ne voulaient pas entendre parler de l'arrivée du géant du e-commerce dans un quartier où les prix immobiliers flambent déjà. Fin 2019, le groupe avait néanmoins signé un bail pour des bureaux à New York pouvant accueillir 1.500 salariés.

Toujours en 2019, Facebook avait de son côté signé un bail pour louer près de 140.000 mètres carrés de bureaux. Et en fin d'année, il avait signé pour 65.000 mètres carrés de plus. Le réseau social dispose désormais de 4.000 employés dans la ville.

Une ville devenue stratégique

Comment expliquer ce nouvel intérêt des géants de la tech pour New York? Premièrement, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) disposent de moyens financiers colossaux, avec le cash accumulé depuis le début de la crise sanitaire. Mais, deuxièmement, c'est surtout parce que New York est devenue une ville stratégique pour les entreprises américaines de la tech, notamment pour développer les activités de publicité et de médias. La ville est considérée comme un vivier de talents. Et pour les recruter, les géants du web n'hésitent pas à s'implanter sur la côte est, loin de leur base de la Silicon Valley.

Certes, le cœur historique des GAFAM reste du côté de San Francisco mais New York est en train de s'imposer comme une place forte. En 2018, la ville comptait 161.000 emplois dans la tech, selon un rapport publié par Civic Hall, un centre d'apprentissage à but non lucratif qui aide les travailleurs à se former pour trouver un emploi dans le numérique. En 2008, il n'y avait que 115.000 jobs dans la tech à New York. Soit une progression de 40% en dix ans.

Google, à lui seul, illustre cette tendance. Il y a 21 ans, Google comptait un seul salarié à New York qui n'avait pas de bureau. Aujourd'hui, le groupe compte 12.000 salariés dans la "grosse pomme". Et l'entreprise prévoit d'y recruter 2.000 personnes de plus pour passer à 14.000 salariés au cours des prochaines années, selon un communiqué du groupe publié le 21 septembre.

Antoine Heulard avec JLD et AFP