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Les projets de construction de maisons neuves s'envolent à un niveau inédit depuis 2013

Si globalement la construction de logements reste inférieure à son niveau d'avant-crise, la demande sur le segment des maisons neuves a explosé au cours des derniers mois.

Moins de mises en chantier mais davantage de projets lancés. La construction de logements entre mai et juillet a diminué de 5,5% par rapport aux trois mois précédents (de février à avril), à un niveau qui fait repasser l'indicateur en-dessous de son niveau d'avant-crise sanitaire, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement.

Entre mai et juillet, 95.900 logements ont commencé à être construits en France. Cela représente certes une progression de 4,8% par rapport à la même période l'an passé (de mai à juillet 2020). Mais cette comparaison n'est guère parlante, puisqu'en 2020 la France sortait à peine du premier confinement, ce qui avait ralenti la construction et bloqué les démarches d'autorisation.

Sur 12 mois (d'août 2020 à juillet 2021), le ministère de la Transition énergétique, dont dépend le Logement, dénombre 386.300 mises en chantier, soit une augmentation de 8,2% par rapport aux 12 mois précédents (d'août 2019 à juillet 2020).

Impact du premier confinement

Du côté des permis de construire, ce sont 125.400 futurs logements qui ont été autorisés sur la période mai-juillet 2021. Il s'agit d'une progression de 2,8% par rapport aux trois mois précédents (de février à avril 2021) et d'un bond spectaculaire de 41,8% par rapport à la même période de 2020 (de mai à juillet 2020). Mais là encore, la comparaison doit être remise en perspective avec le premier confinement.

Sur 12 mois, le ministère enregistre 445.100 autorisations, un chiffre en progression de 10,8% par rapport aux 12 mois précédents (d'août 2019 à juillet 2020).

"Toutefois, ces progressions s’expliquent en partie par le fait que la période antérieure de comparaison (août 2019 à juillet 2020) inclut le premier confinement, où les autorisations ont fortement reculé et de nombreux chantiers n’ont pas pu démarrer du fait des contraintes sanitaires", souligne le ministère.

Explosion de la demande pour des maisons neuves

"Les nombres de logements autorisés et commencés au cours des douze derniers mois sont encore inférieurs (respectivement -2,6 et -0,4%) à leurs niveaux atteints pendant les douze mois précédant le premier confinement (mars 2019 à février 2020)", ajoute le gouvernement.

On notera en revanche la spectaculaire progression du nombre de logements individuels purs, autrement dit les maisons individuelles. Les autorisations pour les maisons neuves individuelles ont gonflé de 20,6% sur les 12 derniers mois, par rapport aux 12 mois précédents. Du côté des mises en chantier, cette progression passe à 11,2%.

Si on ajoute l'individuel groupé (autrement dit les maisons qui font partie d'un programme plus vaste, comme en lotissement), les autorisations dans l'individuel (pur ou groupé donc) ont atteint 199.100 logements sur douze mois, un niveau qui n'avait plus été vu depuis septembre 2013. Les mises en chantier dans l'individuel restent pour l'instant au même niveau qu'avant la crise. Mais cela ne devrait pas durer dans les mois à venir, au vu des permis octroyés. Avec l'envie d'espace et de s'éloigner des grandes métropoles, la demande pour des maisons neuves est devenue bien plus forte qu'avant la pandémie.

Cela pourrait être aussi dû à des maisons devenues trop chères dans l'ancien. Dans son dernier baromètre, SeLoger constate ainsi une baisse générale du prix des maisons en France, la demande solvable capable d’acquérir les biens proposés s'étant progressivement épuisée sur le marché de l'ancien. Certains acquéreurs ont ainsi pu préférer réaliser leur rêve d'une maison en se tournant vers le marché du neuf.

Jean-Louis Dell'Oro avec AFP