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Calais: la mairie demande que la distribution de repas aux migrants soit faite hors agglomération

La préfecture du Pas-de-Calais a prolongé et étendu mercredi l'interdiction faite aux associations non-mandatées par l'Etat de distribuer des repas aux migrants à Calais.

C'est une nouvelle étape dans le bras de fer entre la mairie de Calais et les associations d'aide aux migrants. Après la prolongation mercredi jusqu'au 19 octobre de l'arrêté interdisant aux associations non mandatées de distribuer des repas, la ville demande à "La Vie Active", seule association autorisée, que les distributions se fassent hors de l'agglomération.

Pour la municipalité, l'objectif est de limiter au maximum les regroupements, alors que la préfecture a estimé que l'interdiction des repas à Calais a "permis de réduire les troubles à l'ordre public".

"Il y a des conditions de vie qui sont inqualifiables, il faut le reconnaître, mais pour autant les associations n'ont pas à fixer les migrants à Calais, qui plus est ne souhaitent pas rester à Calais mais souhaitent rejoindre le Royaume-Uni" explique Philippe Mignonnet, adjoint à la sécurité de la ville de Calais, au micro de BFM Grand Littoral.

La maire de Calais réclame des centres d'acceuil

L'élu rappelle par ailleurs que la maire de Calais demande "depuis 2008" des "centres d'accueil "partout en Europe (...) permettant aux migrants de se poser, d'avoir de véritables informations, les vrais conseils et de faire des demandes d'asiles dans le pays dans lequel il souhaite se rendre".

Depuis, début septembre, les associations et les autorités s'affrontent autour de la distribution des repas aux migrants. La préfecture a pris un premier arrêté le 10 septembre pour restreindre cette distribution aux seules associations autorisées. À l'heure actuellle, "La Vie Active", unique association mandatée, distribue 2402 repas par jour.

Point de passage privilégié

Saisie en urgence, le tribunale administratif de Lille et le Conseil d'Etat ont refusé respectivement le 22 et le 25 septembre de suspendre cette décision. Et samedi, quelque 250 militants d'associations et migrants ont manifesté à Calais pour dénoncer les conditions de vie de ces derniers et l'interdiction de leur distribuer des repas dans le centre-ville.

Calais est un point de passage privilégié des migrants pour sa proximité des côtes britanniques. A la recherche d'une vie meilleure, fuyant des troubles dans leur pays pour certains, ces migrants - actuellement essentiellement Iraniens, Irakiens, Afghans, Soudanais et Érythréens - se regroupent dans cette ville pour tenter de rejoindre clandestinement l'Angleterre.

Mardi matin, les forces de l'ordre y ont démantelé un campement, où vivaient environ 800 migrants, la plus importante opération de ce type depuis l'évacuation de la "Jungle" en 2016. Les services de l'Etat estimaient à un millier le nombre de migrants vivant à Calais.

Alicia Foricher avec Jérémy Mahieux