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Une baisse politique du chômage est possible avant la fin de l'année

Le traitement social du chômage relancé

Le traitement social du chômage relancé - -

Après deux ans de hausse continue, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a marqué une pause en mai. Est-ce un accident ou l’amorce d’une stabilisation ? Ce qui est quasiment sûr, c’est qu’on peut parler de point d’inflexion.

Il est probable que le chômage n’augmentera plus dans les prochains mois aussi vite qu’il a progressé au début de l’année et notamment en mars et avril.

Cette amélioration est cohérente avec certains signaux favorables observés ces dernières semaines: bonne tenue de l’intérim ; rebond de la production industrielle en avril, et plus globalement, la fin de la récession, autrement dit la fin de la contraction de l’activité.

Au-delà de ces tendances de fond, il y a des tendances saisonnières favorables : mai juin est la période au cours de laquelle les embauches de saisonniers reprennent.

Reste qu’il ne faut pas s’emballer. S’il y a stabilisation de l’activité, il n’y a pas encore de reprise. L’équation est simple : on ne fait pas baisser le chômage si la croissance n’atteint pas au moins 1% à 1,5% sur un an.

On sera, dans le scénario de croissance le plus optimiste que l’on puisse envisager, à la moitié à peine. Signe de l'extrême fragilité du marché de l'emploi, le nombre d'offres d'emploi collectées a diminué le mois dernier de près de 6% et des gens se découragent !

150.000 nouveaux arrivants par an

François Hollande peut-il quand même gagner son pari d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année ? Politiquement, oui, il peut le faire.

Bien sûr, si on laisse varier le nombre d’offre et de demande d’emplois au gré de la conjoncture économique, ce pari sera évidemment perdu. Si on regarde comme indicateur le taux de chômage, le pari a également très peu de chances d’être réussi. 150.000 personnes environ entrent chaque année sur le marché du travail: il faut donc que l’économie française créé au moins 150.000 postes pour faire baisser le chômage. Un scénario, on l’a déjà dit très peu probable.

Seule possibilité pour le président de la République : se référer au nombre de chômeurs de catégorie A, le noyau dur des chômeurs. Que va-t-il se passer ? Les multiples dispositifs d’emplois aidés (contrats d’avenir, contrats de génération…) vont monter en puissance au troisième et encore plus au quatrième trimestre : autour de 110000 personnes pourraient être concernées selon l’Insee sur la période juillet-décembre, un peu plus de 50000 par trimestre.

Or pour les trois derniers mois de l’année, la baisse de l’emploi affilié à l’Assurance chômage serait de 31000, tandis que le nombre de chômeurs indemnisés augmenterait de moins de 20000, soit moins que les 50000 emplois aidés.

Ajoutons à cela un zèle de circonstance pour radier avec zèle quelques dossiers un peu bancals, et le découragement à chercher un job de ceux qui cherchent depuis trop longtemps, et on comprend pourquoi, politiquement plus qu’économiquement, l’Elysée pourrait gagner son pari.

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Emmanuel Lechypre