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Un député réclame des comptes sur le rôle de la Caisse des dépôts dans la société de Luc Besson

EuropaCorp, la société de Luc Besson, a été placée en procédure de sauvegarde pour une durée initiale de six mois

EuropaCorp, la société de Luc Besson, a été placée en procédure de sauvegarde pour une durée initiale de six mois - Joe Scarnici - Getty Images North America/AFP

Membre du conseil de surveillance de Caisse des dépôts (CDC), Gilles Carrez s'interroge notamment sur le renoncement de l'institution à une caution de 45 millions d'euros de la holding du cinéaste, lors de la restructuration d'EuropaCorp.

Le député (LR) Gilles Carrez, membre du conseil de surveillance de Caisse des dépôts (CDC), envisage de demander des explications sur les investissements de l'organisme dans la société de production de Luc Besson, a-t-il affirmé jeudi à l'AFP.

"Je souhaite savoir dans quelles conditions précises a été prise cette décision d'investissement", a expliqué le député, à la suite des révélations de Mediapart et de Capital qui assurent que la CDC a renoncé à une caution de 45 millions d'euros, apportée par la holding du cinéaste, lors de la restructuration de la dette de la société de production et de distribution de films et séries EuropaCorp.

"Le but de la CDC est d'intervenir dans des investissements dans des biens collectifs. Est-ce qu'une entreprise privée de cinéma, même si elle est dirigée par Luc Besson, relève de ce type de mission?", a-t-il souligné, rappelant que la CDC a pris cette décision à la fin des années 2000.

Processus décisionnel interne

Interrogé sur la possibilité de saisir le conseil de surveillance pour obtenir des explications, Gilles Carrez a répondu: "Je regarderai effectivement le sujet. Je serais curieux de savoir quel a été le processus décisionnel interne à la caisse", a-t-il affirmé.

Contactée par l'AFP, la députée Sophie Errante (LREM), présidente du conseil de surveillance, a fait savoir qu'elle ne s'exprimerait pas avant que la CDC réagisse officiellement.

Mediapart assure notamment que le cinéaste avait "reçu le soutien de l'Elysée" lorsque Nicolas Sarkozy était président et rappelle également qu'Emmanuel Macron était alors le banquier conseil de Luc Besson.

Restructuration finalisée

La "mini-major" créée par Luc Besson en 1999 a eu du mal à se relever de la performance décevante de "Valerian", sorti en 2017, considéré alors comme le film le plus cher de l'histoire du cinéma français.

Elle a connu des difficultés financières et a dû procéder à des cessions d'actifs et à des licenciements.

A l'issue d'une restructuration finalisée fin juillet, les fonds Vine et Falcon ont refinancé la société à hauteur de 192 millions d'euros.

Les anciens actionnaires, Luc Besson ainsi que Front Line et Lambert Capital, ne détiennent conjointement que 13% du capital. Le cinéaste conserve la présidence non exécutive du conseil d'administration, mais il n'est plus directeur général de la société.

T.L avec AFP