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UE: Paris veut que les règles de discipline budgétaire soient aussi suspendues en 2021

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire - AFP

L'Union Européenne avait déjà annoncé la suspension de ces règles budgétaires le 20 mars dernier, due aux conséquences économiques de la pandémie de coronavirus. Bruno Le Maire a annoncé qu'il souhaitait que cette mesure exceptionnelle soit prolongée à 2021.

La France souhaite que les règles de discipline budgétaire entre membres de l'Union européenne, suspendues pour 2020 face à la crise du Covid-19, le soient aussi l'année prochaine, a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire au Figarodans un entretien paru jeudi soir.

"Nous souhaitons que les règles du pacte de stabilité, suspendues pour 2020, le soient également pour 2021", a affirmé Bruno Le Maire au quotidien français. "Rien ne serait pire que de relancer la machine économique tout en appuyant sur le frein des dépenses publiques. C'est une erreur qui a été commise en 2009 et que nous ne commettrons pas à nouveau", a ajouté le ministre.

Une première suspension des règles fin mars

Ce dernier n'a en revanche pas repris à son compte dans l'immédiat la proposition de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, qui a appelé en début de semaine à "moderniser" le Pacte de stabilité et de croissance et à ne pas le remettre en place tel qu'il était avant la crise.

Ce Pacte fixe les règles budgétaires aux Etats ayant adopté la monnaie unique européenne - notamment le respect d'un déficit public inférieur à 3% du produit intérieur brut (PIB) de chaque pays membre de la zone euro. Le 20 mars, l'UE a annoncé la suspension de ces règles budgétaires, une mesure inédite face aux conséquences économiques du coronavirus.

Christine Lagarde avait en outre salué le projet de relance de 500 milliards d'euros proposé lundi par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, qui doit encore néanmoins recevoir l'onction des autres membres de l'Union, dont certains renâclent.

"Lever de la dette en commun est l'instrument le moins cher"

"L'Autriche, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark ont exprimé leurs réserves. Pourtant, les économies de ces États bénéficient du marché unique: c'est donc leur intérêt que l’économie redémarre chez tous leurs partenaires en Europe", a plaidé Bruno Le Maire.

"Ce redémarrage dépendra de la puissance du plan de relance. Lever de la dette en commun est l'instrument le moins cher, parce que les taux sont faibles et que nous rembourserons la dette sur une longue durée, supérieure à dix ans. C’est donc bien la solution la plus frugale", a-t-il ajouté. "L'Europe ne peut pas être construite sur les seuls intérêts nationaux, elle ne peut être construite que sur la solidarité", a encore affirmé M. Le Maire.

Enfin, dans le domaine fiscal, le ministre a réitéré son souhait d'un "accord international sur la taxation des géants du numérique, qui sortent renforcés de la crise, de mettre en place une taxation minimale à l'impôt sur les sociétés pour lutter contre l'optimisation fiscale et d’instaurer une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne".
S. V. avec AFP