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Télétravail: "Laissez nous nous organiser", réplique le Medef au gouvernement

Dominique Carlac'h, Vice-Présidente du Medef était l'invitée de Good Morning Business. Elle a déclaré être contre "des contraintes" obligeant les entreprises en matière de télétravail.

Le nouveau protocole sanitaire du gouvernement qui sera imposé aux entreprises fait réagir le Medef. Au centre de ce mécontentement, l'annonce par Elisabeth Borne, ministre du Travail, de demander aux entreprises de fixer un nombre de jour minimal de télétravail.

La ministre du Travail avait dévoilé sur BFMTV que le protocole sanitaire demandera aux entreprises "tout particulièrement à celles qui sont dans les zones où s’applique le couvre-feu, de définir un nombre de jours minimal de télétravail par semaine pour les postes qui le permettent".

Sur BFM Business, Dominique Carlac'h, sa vice-présidente, exprime son désaccord.

"Le télétravail se joue à hauteur d'entreprise. Durant la crise du Covid chaque entreprise a organisé la continuité d'activité pour absorber la contrainte sanitaire". Elle estime que "s'il y a une petite musique de l'ordre de la contrainte, je ne suis pas sure que ça va rassurer les chefs d'entreprises qui ont beaucoup de choses à gérer pour assurer la continuité de l'économie".

Dominique Carlac'h indique aussi que ces "contraintes" ne sont même "pas demandées par les salariés". Elle rappelle aussi que ces dispositions doivent être "fixées par le dialogue social" qui dans les entreprises "est vivace et actif".

"Le couvre-feu préférable à un confinement généralisé"

L'annonce d'Elisabeth Borne étonne d'autant plus la vice-présidente du Medef qui note que le chef de l'Etat avait laissé entendre que le télétravail serait "péconisé" et devait être organisé librement par les entreprises.

"C'est en tout cas ce que j'ai compris" en ajoutant qu'elle ne voit pas "pourquoi il y aurait des obligations. Laissez nous nous organiser à hauteur de chaque entreprise".

Une autre "contrainte" annoncée par la ministre du travail fait aussi réagir Dominique Carlac'h. La ministre a aussi annoncé qu'elle compte demander "dès la semaine prochaine" d’étaler "les horaires d’arrivée et de départ au travail".

"Ce n'est pas une nouveauté. Nous avons déjà adapté ces horaires. Les salariés partent plus tôt ou plus tard que dans les périodes où il n'y a pas de pandémie".

Quant au couvre-feu, Dominique Carlac'h admet que le terme est "anxiogène", mais qu'il "est préférable à un confinement généralisé".

"C'est un choc pour les restaurateurs et les professionnels de l'événementiel et du spectacle. Ils font des efforts depuis des mois pour mettre en place ces protocoles et du jour au lendemain, c'est une fermeture déguisée, mais c'est nécessaire. Mais je ne suis pas sure que 21 heures était la bonne heure".
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco