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SNCF: "Reprise progressive" du trafic au troisième jour de perturbations

La SNCF entame son troisième jour de blocage, invoquant son "droit de retrait" à la suite d'un accident. La circulation reste très perturbée, notamment pour les Intercités. Légère amélioration en revanche sur les grandes lignes avec un train Ouigo sur trois.

Le mouvement social à la SNCF perturbe à nouveau perturber la circulation des trains ce dimanche pour son troisième jour avec un risque d'enlisement. Les syndicats continuent de défendre le "droit de retrait" à la suite d'un accident face à la direction et au gouvernement qui dénoncent une "grève sauvage".

Reprise progressive du trafic

"On est sur une reprise progressive du trafic. Le personnel reprend le travail mais on n'a pas nécessairement le matériel (notamment les TER) au bon endroit. Il faut donc le temps de le ramener là où il doit être. En fin de journée, on devrait être revenu à la normale", estimait le porte-parole de la SNCF en Bretagne.

Au niveau des TGV, le service est "quasi-normal" sur tous les axes et sur les trains Ouigo, "la SNCF prévoit de faire circuler au moins 18 trains, voire 22, contre quatre samedi et 50 un dimanche habituel".

Concernant les TER, la reprise est progressive, prévient la SNCF, avec "des disparités selon les régions". La Champagne-Ardenne, la région PACA et l'Occitanie sont toujours très impactés par les blocages. Le trafic des trains Intercités est également très perturbé, aucun train ne circule sauf quatre Paris-Limoges-Toulouse et deux Paris-Clermont.

Le groupe ferroviaire précise enfin que la circulation est "normale" sur l'ensemble des lignes de RER sauf la B et la C où le trafic reste perturbé. 

"On est dans une situation de blocage", résume Didier Mathis, de l'Unsa ferroviaire, pour qui "s'il n'y a pas d'avancée de la part de la direction, on peut supposer que le mouvement va se poursuivre, car le problème de danger n'est pas réglé".

Quant à son collègue de SUD-Rail, Julien Troccaz, il juge "difficile de faire des prévisions" sur la suite du mouvement car "le droit de retrait est individuel". Mais il estime que le patron de la SNCF et l'exécutif "jouent le pourrissement total" du conflit. 

"Impact inacceptable"

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes), faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés, selon la préfecture. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord du train. Dès jeudi et plus encore vendredi et samedi à la prise de service, des agents de conduite et contrôleurs ont fait valoir leur droit de retrait. 

Les syndicats SUD-Rail, CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. La direction fait valoir qu'il "existe depuis des dizaines d'années".

Le ton est peu à peu monté entre l'exécutif et la direction, d'une part, et les syndicats de l'autre. Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé samedi un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires". Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui a emboîté le pas en estimant dans une interiew au Parisien que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles contre les cheminots ayant pris part à ce mouvement, que le patron de la SNCF Guillaume Pepy a qualifié de "grève surprise" et jugé "pas admissible".

"Pourrissement"

"Le niveau de violence des déclarations donne le ton de la suite, car c'est difficile de dire 'on se met autour de la table' quand on parle de judiciaire et qu'on nous prend presque pour des criminels", s'insurge Julien Troccaz, de SUD-Rail.

La direction et le gouvernement "n'ont pas compris qu'il y a une colère des agents à propos de la sécurité. Ca n'a rien à voir avec le 5 décembre et les retraites", insiste-t-il en référence à la prochaine journée d'action. Même son de cloche à l'Unsa ferroviaire. Ce n'est pas un mouvement pour faire pression sur le dossier des retraites ou de la réforme de la SNCF, "on n'est pas dans la convergence des luttes. On ne mélange pas tout", insiste Didier Mathis.

"Le droit de retrait aurait dû être réglé en quelques heures si le gouvernement ne s'en était pas mêlé, mais Edouard Philippe veut le pourrissement et use de provocations pour cela", a réagi la CGT cheminots qui, elle, n'entend pas séparer les revendications. Elle appelle à participer "massivement" à la journée d'action du 5 décembre et en y joignant "les sujets d'entreprise, notamment la sécurité". "Vous évacuez la sécurité, vous aurez un conflit généralisé", avertit le syndicat.

AL avec AFP