BFM Business

Sébastien Bazin (PDG du groupe Accor): "On n'en peut plus de ne pas travailler"

Le PDG du groupe Accor assure pouvoir tenir encore deux ans "si nécessaire", mais demande au gouvernement "une date, même si elle est lointaine".

"On n'en peut plus", a lancé ce matin sur RMC le PDG du groupe Accor. Habituellement calme, Sébastien Bazin a fait part de son exaspération et d'une certaine inquiétude face à une crise sanitaire qui s'éternise.

C'est long, trop long. On n'en peut plus de ne pas travailler, d'être dans l'incertitude, de revoir nos salariés, de retourner dans les restaurants", estime le dirigeant du 6e groupe hôtelier du monde qui tient néanmoins à rester optimiste.

Depuis le début de la crise sanitaire, le groupe Accor, comme l'ensemble des hôteliers, a durement été touché. Il affiche une dette de 2 milliards d'euros et son activité depuis le début de l'année 2021 est en baisse de -60%.

Depuis que les vaccins existent, j'ai de l'espoir. Patience, il y en a encore pour trois à cinq semaines, mais on va avoir un bon printemps et un été de dingue, assure Sébastien Bazin en s'appuyant sur la campagne de vaccination. La population fragile sera vaccinée d'ici fin avril, fin mai. C'est indispensable, on ne peut pas continuer encore très longtemps comme ça".

"On a un genou à terre"

Pour Sébastien Bazin, les aides de l'été sont vitales. "Sans elles, on est mort. On a un genou à terre". Mais selon lui les subventions "masquent la réalité". "C'est plus fragile que ce que les gens ne pensent", assure Sébastien Bazin.

Pour tenir, le dirigeant réclame de la visibilité.

J'ai besoin d'une date, même si elle est lointaine. J'ai besoin d'espoir, que ce gouvernement donne une date comme l'a fait Boris Johnson", demande Sébastien Bazin.

"On est assez gros et diversifié pour tenir. Accor tiendra encore deux ans si nécessaire", poursuit Sébasyien Bazin. Mais en attendant, la crise a contraint le groupe a licencié 1880 personnes dont 767 en France.

C'est très injuste pour les gens qui vont partir. Mais ceux à faible employabilité ou les personnes vulnérables ne partiront pas. Ils garderont leur salaire pendant deux ans. On les formera pour leur apprendre un nouveau métier", promet Sébastien Bazin.
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco