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Véhicules électriques : fournir à l’Europe la souveraineté sur le marché des batteries

[CONTENU PARTENAIRE] Pas de pause pour le marché des voitures électriques et hybrides. Celui-ci ne connaît pas la crise. Avec plus de 18.588 immatriculations enregistrées en septembre, il a en effet représenté 8,8 % du marché total des ventes de voitures neuves. Depuis le début de l'année, 116.588 véhicules électrifiés ont été mis en circulation en 2020, soit 80.000 de plus qu'à la même période en 2019, pour une augmentation de 206 %. Dans ce contexte, en France comme en Europe, se pose la question de la souveraineté alors qu’une part importante des batteries destinées à alimenter ces véhicules continue d’être importée de Chine. La relocalisation des usines est un des enjeux auquel veut pouvoir répondre Verkor. La jeune entreprise française a pour ambition la création d’une gigafactory de batteries en France. Benoît Lemaignan, PDG de la société nous en dévoile les tenants et aboutissants.

Dans le domaine des batteries bas carbone pour les véhicules électriques, l’Europe est-elle bien armée ?

En Europe, la dynamique est bonne. Le continent est le premier marché mondial des véhicules électriques. Au-delà de la production de batteries et de la question de la souveraineté européenne dans ce domaine pour lesquelles nous sommes en bonne voie, s’ajoute le sujet concernant l’ensemble de la chaîne de valeur. La batterie n’est qu’une étape. En amont, se situent la problématique des matériaux actifs, celle des logiques liées à la collecte de minerais et, en aval, la question du recyclage pour permettre la réutilisation des matériaux en fin de vie.

Sur quoi allez-vous concentrer votre modèle d’affaires ?

L’objectif de Verkor est le développement d’usines 4.0., donc digitales, qui vont déboucher sur d’importants gains de productivité. La grande difficulté de la production de batteries est de réduire le taux de perte dans toute la chaîne de production. Il existe des dizaines d’étapes qui s’enchaînent les unes aux autres pour arriver, au bout, au test qui va venir confirmer la qualité de la batterie produite. Avec nos partenaires, Schneider Electric, Cap Gemini, le Groupe IDEC et d’autres partenaires du monde digital, nous nous concentrons sur le déploiement de ces solutions pour bâtir une chaîne qui soit la plus liée possible. C’est pourquoi, concernant les hommes, notre stratégie est d’avoir une équipe qui soit opérationnelle et qui possède cette expérience nécessaire dans le domaine pour avoir déjà travaillé dans des centres de production, un peu partout dans le monde. Tout l’enjeu est de pouvoir aujourd’hui localiser cette chaîne de valeur en s’appuyant sur les talents dont je vous parle. Ces derniers sont très intéressés par cette dynamique européenne et nous avons pu constituer une équipe qui comprendra une vingtaine de personnes fin 2020. Notre stratégie est donc d’attirer des champions du monde entier qui ont un fit culturel et à qui nous allons donner une grande autonomie. Tout cela au service d’une vision commune qui, finalement, concerne une stratégie industrielle majeure pour l’Europe qui doit pouvoir parvenir à la souveraineté en la matière.

Concrètement, quelles vont être les caractéristiques de la gigafactory de batteries que vous allez créer ?

La localisation du site est en cours de discussion. Il y a quatre lieux d’implantation possibles (situés dans le nord, l’est et le sud de la France, ainsi que certaines régions européennes) afin de satisfaire nos différentes contraintes : l’approvisionnement en énergie, le bassin d’emploi, une surface suffisamment grande, et l’obtention des autorisations nécessaires puisque nous serons classés Seveso de part la nature même de notre activité. En termes de délais, nous souhaitons nous déployer le plus rapidement possible pour un démarrage en 2024. Le coût de l’usine devrait tourner autour de 1,6 milliard d’euros, somme qui correspond à une usine de 16 GWh, ce qui va permettre d’alimenter de 300 000 à 400 000 véhicules, suivant la taille de chaque batterie.

Il existe au moins deux autres projets semblables au vôtre actuellement à l’étude en France, dont un impliquant PSA et Total. Y aura-t-il de la place pour tout le monde ?

C’est clairement ce que nous pensons. Les marchés démarrent et connaissent une réelle accélération qui concerne non seulement les automobiles, mais également les véhicules plus lourds, et même les trains. De plus, il existe un énorme intérêt à produire local et la Directive européenne « batterie » devrait clairement renforcer la politique dans ce domaine. Produire local est une nécessité pour diminuer l’empreinte carbone, augmenter la traçabilité et la transparence des chaînes de valeur, et permettre le recyclage des matériaux. Enfin, notre industrie est une industrie de volume et un projet comme le nôtre va également permettre de faire baisser le coût des batteries, une condition nécessaire pour donner à tous l’accès au marché des véhicules électriques.

Quels sont vos objectifs à court-terme ?

Sur 2021, Verkor a trois objectifs : continuer à renforcer nos équipes, poursuivre notre étude de faisabilité, et monter en partenariat un pôle de R&D centré sur l’innovation dans le domaine du « manufacturing », chacun de ces axes étant lié à la levée de fonds sur laquelle nous travaillons actuellement.

Ce contenu a été réalisé en partenariat avec SCRIBEO. La rédaction de BFM BUSINESS n'a pas participé à la réalisation de ce contenu.

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