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Recrutement: les concours de la fonction publique d'État sont de moins en moins sélectifs

Plus de 2800 postes sont demeurés vacants en 2018 à l’issue des concours externes de professeurs du  1er et du 2nd  degré.

Plus de 2800 postes sont demeurés vacants en 2018 à l’issue des concours externes de professeurs du 1er et du 2nd degré. - Ina Fassbender

En 2018, la sélectivité des recrutements dans la fonction publique d'État a été d'un admis aux concours pour 6,8 candidats. La sélectivité se réduit peu en un an (-0,1%), mais poursuit la tendance à la baisse observée depuis plusieurs années.

Les recrutements sur concours des fonctionnaires d'État (Police, Justice, Éducation Nationale,..) sont de moins en moins sélectifs. En 2018, sur les 367.500 candidats s’étant présentés à l’une des épreuves, 54.400 ont été admis sur la liste principale du recrutement, soit une sélectivité globale d'1 admis pour 6,8 candidats. En 2018, au total, la fonction publique de l’État avait ouvert 63.300 postes au recrutement.

"La sélectivité globale baisse très légèrement entre 2017 et 2018 (-0,1 point), poursuivant la tendance observée pour l’ensemble des voies de recrutement depuis le point haut du début des années 2010" explique une note officielle du ministère de l'Action et des comptes publics intitulée: "les recrutements de fonctionnaires de l'État en 2018".

53% des inscrits aux concours se sont présentés aux épreuves

La sélectivité est "légèrement plus faible pour les recrutements externes (6,6) que pour les recrutements par concours internes (7,2). Elle baisse en 2018 pour toutes les voies d’accès sauf le 3ème concours." ajoute ce document (graphique ci-dessous).

En 2018, près de 700.000 candidats se sont inscrits pour l’ensemble des recrutements, dont 542 100 pour les recrutements externes (en baisse de 3,7 % par rapport à 2017). Mais seulement 53 % des personnes inscrites à un recrutement se sont présentées aux premières épreuves du concours.

La sélectivité aux recrutements dans la fonction publique de l’État s’élève en 2018 à 6,8 présents pour 1 admis sur la
liste principale. La sélectivité est légèrement plus faible pour les recrutements externes (6,6) que pour les recrutements
internes (7,2). Elle baisse en 2018 pour toutes les voies d’accès sauf le 3ème concours
La sélectivité aux recrutements dans la fonction publique de l’État s’élève en 2018 à 6,8 présents pour 1 admis sur la liste principale. La sélectivité est légèrement plus faible pour les recrutements externes (6,6) que pour les recrutements internes (7,2). Elle baisse en 2018 pour toutes les voies d’accès sauf le 3ème concours © Ministère de l'Action et des comptes publics

Certains concours souffrent visiblement d'un manque d'attractivité qui influe sur la faible sélectivité des recrutements. Alors qu'il s'agit de concours importants en volume de recrutements, le taux de sélectivité (candidats/admis) des concours externes de professeurs des écoles et du 2nd degré est assez faible (respectivement 3,3 et 4,5 en 2018).

Elle se redresse cependant entre 2017 et 2018 (+0,5 point pour chacun de ces deux concours), à la faveur de la baisse du nombre de postes offerts (respectivement de -1 000 et -2 500).

2800 postes d'enseignants sont restés vacants

Pour ces deux plus importants concours de la voie externe (concours de professeurs du 1er et 2nd degré), le taux de recrutement final ne s’élève qu’à respectivement 88 % et 86 %.

Ce taux s'explique "pour deux raisons, d’une part, devant le faible nombre de candidats, les jurys de concours préfèrent ne pas pourvoir l’ensemble des postes offerts et, d’autre part, une partie des admis se désistent à l’issue du concours" souligne la note. Résultat: plus de 2 800 postes demeurent vacants à l’issue des concours externes de professeurs du 1er et du 2nd degré.

En 2018, 59 % des recrutés sont des femmes. La proportion de femmes recrutées baisse de 4,1 points entre 2017 et 2018. Cette diminution s’explique par les évolutions importantes du nombre de recrutés aux concours de professeurs du 1er et 2nd degré, de gardiens de la paix et de surveillants pénitentiaires.

Frédéric Bergé