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Rachat de Suez: Veolia augmente son offre et tente un compromis

Cette nouvelle offre "reste valable pour ce jour et sera caduque ce soir à minuit" prévient Veolia, qui énumère une série d'engagements pour tenter d'apaiser les tensions avec Suez.

Antoine Frérot, PDG de Veolia, l'avait promis. Il a donc bien augementé son offre pour le rachat de Suez, ce mercredi, à quelques heures d'un conseil d'administration crucial chez Engie. Le nouveau prix est désormais de 18 euros par action contre 15,50 auparavant pour une offre totale de 3,4 milliards d'euros.

Pour rappel, Veolia avait présenté une offre de 2,9 milliards d'euros (15,50 euros par action) pour 29,9% de son concurrent Suez détenus par Engie.

"Ayant pris en compte les préoccupations de l’Etat et d’Engie, Veolia a décidé d'améliorer sa proposition dans l’ensemble de ses composantes afin de présenter la meilleure offre possible en vue de la délibération du conseil d’Engie de ce jour" affirme le groupe dans un communiqué, soulignant que cette nouvelle offre "reste valable pour ce jour et sera caduque ce soir à minuit."

Après des semaines de tensions, Veolia tente aussi de calmer le jeu. Au-delà de l'augmentation de l'offre, le groupe "prend l'engagement de maintenir l’ensemble de l'emploi des salariés en France, qui conserveront leurs régimes et avantages sociaux, individuels et collectifs." Concernant les futures cessions, si la vente est bien réalisée, "Veolia s’engage à ce que les repreneurs choisis prennent les mêmes engagements sociaux".

Six mois pour se mettre d'accord

De la même façon, Veolia se dit prêt à intégrer "des cadres exécutifs de Suez dans les instances de direction dans un esprit d’équilibre et de critères de compétence" alors que les récentes tensions semblaient rendre cette hypothèse impossible. Quant au reste de Suez (70,1%), Veolia ne déposera qu'une offre publique d'achat amicale.

Enfin, Veolia propose à Suez "de se donner une période de six mois expirant le 31 mars 2021, pendant laquelle les parties feront leurs meilleurs efforts pour rechercher les bases communes d’un accord relatif à la mise en œuvre du projet porté par Veolia". A une condition : la fin immédiate du dispositif permettant à Suez de loger son activité dans une fondation de droit néerlandais.

"Je suis désireux de prouver que mon offre n'a jamais été hostile, c'est pourquoi je suis prêt à donner un gage important en contrepartie d'efforts semblables de la part de Suez", a expliqué à des journalistes le PDG de Veolia, Antoine Frérot, lors d'une conférence téléphonique.
Thomas Leroy Journaliste BFM Business