BFM Business

Pour le patron de Sanofi France, "l'enjeu n'est pas de faire des transferts de licences" sur les vaccins

Sanofi va utiliser une usine allemande pour le flaconnage du vaccin Pfizer/BioNTech. Interrogé sur BFMTV, le président de Sanofi France a néanmoins fermé la porte à une production de l'antigène.  

Pour les détails financiers, il faudra repasser. Invité sur BFMTV, ce mercredi, le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, ne s'est pas attardé sur les négociations secrètes qui ont eu lieu entre son laboratoire et son concurrent Pfizer pour acter le remplissage du vaccin de BioNTech. Lancées probablement au début du mois, sous la pression du gouvernement, elles ont finalement été conclues ce mardi pour une somme jalousement gardée. 

Mais les négociations sont souvent longues, notamment dans le secteur de la pharmacie où les secrets sont bien gardés. Le fait que Sanofi se contente du flaconnage (bien qu'il s'agisse d'une opération complexe) en est une preuve de plus. Olivier Bogillot a d'ailleurs clairement fermé la porte à un transfert de licence, qui aurait permis à Sanofi de produire directement l'antigène de Pfizer. 

"Je ne pense pas que ce soit la bonne solution", explique-t-il. "Déjà, pour mettre dans les flacons (…) cela va nous permettre de sortir les premiers flacons d'ici l'été. Donc cela prend quelques mois. S'il s'agissait de transférer l'antigène [qui permet la production du vaccin, ndlr] et de le produire dans nos cuves, c'est encore beaucoup plus long."  

Et de poursuivre : "laissons les laboratoires qui se sont lancés sur la production de leur propre vaccin, continuer à le faire. Voyons comment on peut aider pour les capacités de production. L'enjeu, il n'est pas de faire des transferts de licence. L'enjeu, il est de laisser les laboratoires continuer leurs investissements." 

En réalité, un tel transfert de technologie semblait compliqué. Sanofi travaille toujours sur un vaccin qui doit être finalisé à la fin de l'année et aura probablement besoin de toutes ses capacités industrielles pour le produire, surtout si le coronavirus devient une maladie annuelle. De son côté, Pfizer n'a probablement pas envie de révéler les dessous de son vaccin à ARN Messager, le premier à avoir été approuvé, d'autant que Sanofi a pris beacoup de retard sur son autre vaccin… à ARN Messager lui-aussi.  

Thomas Leroy Journaliste BFM Business