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Pour concurrencer les Etats-Unis, il faut une Bourse tech européenne pour le patron de BpiFrance

Nicolas Dufourcq promet que la BPI va se mettre au chevet des entrepreneurs cette année, notamment grâce à une "budget très ambitieux".

Nicolas Dufourcq promet que la BPI va se mettre au chevet des entrepreneurs cette année, notamment grâce à une "budget très ambitieux". - Eric Piermont - AFP

Selon Nicolas Dufourcq, si l'Europe veut concurrencer les Etats-Unis et la Chine elle doit mettre en place un écosystème complet de financements des startups et ça passe notamment par un marché boursier.

L'Europe rattrapera-t-elle son retard sur les Etats-Unis et la Chine? Alors que les deux grandes puissances comptent 200 licornes chacune (les startups valorisées plus de 1 milliard de dollars), l'Union Européenne n'en compte qu'une quarantaine.

Invité ce mercredi sur BFM Business, Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance estime que le retard européen est logique

"On compare trois ensembles incomparables: on compare deux empires unitaires et une confédération à 27 Etats avec 27 langues...", estime-t-il.

Et même si aujourd'hui, les startups qui se créent se lancent rapidement à l'étranger, elles manquent souvent de moyens par rapport à leurs rivales américaines. Pour combler son retard, l'Europe devrait selon le patron de Bpifrance créer un indice boursier tech européen.

"Ce qui est vraiment fondamental c'est qu'il faut qu'on arrive à faire un marché tech européen au sens d'un écosystème tech boursier européen et on n'y est pas encore, regrette Nicolas Dufourcq. Il nous faut des gérants, il nous faut des analystes, il nous faut un "Euronext" dopé à l'hélium et qu'il y ait des investisseurs partout en Europe avec des classes d'actifs de risques."

Bpifrance qui tire malgré tout un bilan positif de l'année qui s'est écoulée pour les startups française et la French Tech en général.

"Nous avons injecté 600 millions d'euros dans les capitaux des fonds avec un effet multiplicateur de 5, c'est-à-dire que les fonds ont pu lever 3 milliards d'euros au total en 2020, assure Nicolas Dufourcq. Nous avons en plus investi 400 millions d'euros en direct et au total les startups françaises ont levé 5 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année."

La banque publique d'investissement s'apprête par ailleurs à publier une étude sur le moral des créateurs de startups français. Des entrepreneurs optimistes avec l'arrivée des vaccins, explique le patron de Bpifrance. "Ils sont ancrés dans le réel et pensent clients et marchés, explique Nicolas Dufourcq. Et avec l'arrivée des vaccins, ils ont conscience qu'on entrevoit le bout du tunnel."

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco