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Christian Eckert: "Je ne suis pas hostile à la désindexation" des retraites de base

Christian Eckert estime que, globalement, la situation sociale des retraités est plutôt confortable par rapport à celle des jeunes actifs

Christian Eckert estime que, globalement, la situation sociale des retraités est plutôt confortable par rapport à celle des jeunes actifs - -

Le rapporteur général PS du Budget a expliqué à BFM Business, ce mercredi 6 mars, qu’il n’est pas contre une désindexation des pensions pour rééquilibrer le système de base. Il a estimé que cette mesure permettrait "une meilleure répartition collective des richesses".

Le gouvernement cherche actuellement des financements, non pas pour 2013 mais pour 2014. Six milliards d’euros devront être trouvés l’année prochaine, avait ainsi expliqué le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, fin février. Et deux milliards supplémentaires devront être glanés pour financer le crédit d’impôt compétitivité pour l’emploi (CICE).

Cette même année, l'exécutif devra ramener le déficit public à hauteur de 3% du PIB. Enfin, le gouvernement se dirige vers une nouvelle réforme des retraites, qui sera à l'ordre du jour de la grande conférence sociale de juillet prochain.

Autant de raisons pour le rapporteur général PS du Budget, Christian Eckert, de faire le point dans l’émission Le Grand Journal, ce mercredi 6 mars, sur les grands dossiers fiscaux.

> Financement des retraites

Pour rééquilibrer le régime général, Christian Eckert n'est "pas hostile" à l’idée d’une désindexation des retraites sur l’inflation. "L’allongement de la durée de la vie a fait que la transmission des richesses se fait plus tardivement entre les générations. On peut ainsi s’interroger sur le statut moyen des retraités par rapport aux jeunes actifs".

Il a poursuivi: "Mis à part quelques cas de retraités très pauvres, le statut social des retraités est plutôt confortable par rapport aux jeunes actifs, qui, même avec des diplômes, débutent dans la vie active avec une difficulté financière importante".

"Je préfère une répartition collective de la richesse plutôt que de voir les grands-parents aider directement leurs enfants et leurs petits-enfants", a-t-il conclu.

> Vers une TVA à 20,5%?

Le gouvernement a confié aux députés le soin de formuler des hypothèses de travail pour financer le crédit d’impôts compétitivité pour l’emploi (CICE). Les députés PS proposent à ce titre d’instaurer trois taux de TVA à 20,5%, 9% et 5% alors que le gouvernement prévoit la mise place de taux à 20%, 10% et 5%.

Christian Eckert a justifié ces propositions en expliquant qu’il fallait abaisser le taux intermédiaire de 10 à 9%. "Les secteurs professionnels concernés passaient de 7 à 10%. Nous pensons que la marche est trop élevée". Il cite parmi ces secteurs "les travaux de rénovation dans le bâtiment". Du coup, "cette perte de recettes est compensée par une compensation du taux normal, à 20,5%".

> Le déficit français

Christian Eckert a estimé que la situation de la France "n’est pas pire qu’il y a six mois - un an. Mais le déficit a été réduit trop tardivement et les marges de manœuvre sont désormais plus faibles pour le diminuer encore davantage". Il a donné une image claire : "quand on fait un régime il est toujours plus facile de perdre les premiers kilos que les suivants".

Des marges de manœuvre d’autant plus étroite que Christian Eckert a expliqué qu’au niveau des hausses d’impôts "on est proche du taquet, si on y est pas déjà arrivé".

Julien Marion