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Tarifs bancaires: la hausse pénalisera surtout les clients précaires

La hausse des tarifs bancaires affectera surtout les clients précaires.

La hausse des tarifs bancaires affectera surtout les clients précaires. - BERTRAND GUAY / AFP

Après avoir analysé les tarifs applicables au 1er février, l’association CLCV alerte sur l’augmentation du prix des services bancaires qui devrait notamment affecter les clients précaires. Elle appelle le gouvernement à réguler et encadrer les tarifications.

Les “petits” clients seront les plus affectés par la hausse de la plupart des services bancaires en 2017, selon l'enquête annuelle de l'association de consommateurs CLCV, qui appelle le gouvernement à encadrer les frais liés aux incidents bancaires.

D'après cette étude qui passe au crible les tarifs applicables au 1er février 2017 de 136 établissements en France métropolitaine et en outre-mer, les "petits" clients de banques "en dur" (c'est-à-dire disposant d'un réseau d'agences), subiront une hausse de 1,75% du coût moyen du panier de services le plus avantageux en métropole à 71,49 euros.

Hausse de 11% en quatre ans

En se basant sur ses précédentes études annuelles, la CLCV calcule que cela représente une augmentation de plus de 11% sur quatre ans, alors que sur la même période l'inflation s'est établi à 1,9%. "Tout augmente, notamment les opérations les plus courantes", a regretté, lors d'une conférence de presse, Jean-Yves Mano, président de l'association de consommateurs, qui a interpellé le ministère de l'Economie par courrier.

"Nous pensons qu'il y a encore besoin de réguler les tarifications et qu'il y a une nécessité d'harmonisation des informations concernant notamment les taux pratiqués en matière de découvert bancaire", a-t-il avancé. Par produits, les hausses de tarifs concernent particulièrement les frais de tenue de compte, les cartes bancaires classiques à débit immédiat, les retraits aux distributeurs, les virements en agence, les oppositions sur chèque, les chèques de banque et les transferts de PEL, énumère CLCV dans son étude.

Les frais de tenue de compte, qui ont largement fait débat ces dernières années, sont aujourd'hui généralisés, est-il indiqué, car seules 14 banques du panel ne les appliqueront pas cette année. Ils s'élèveront de 6,60 euros au minimum à 71,80 euros au plus. En outre, le "package", offre groupée de services souvent présentée comme une solution meilleur marché pour notamment éviter les frais de tenue de compte, est "loin d'être toujours intéressant", déplore CLCV. Les "petits consommateurs" n'ont intérêt à opter pour cette formule que dans 15 des 126 banques qui la proposent, avertit l'organisme, au contraire des "gros consommateurs" qui eux pourront y gagner dans plus de la moitié de ces établissements.

P.L avec AFP