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PEA-PME: près de la moitié des fonds va à l'étranger

Le PEA-PME peine à démarrer.

Le PEA-PME peine à démarrer. - -

Selon une étude d'Arkeon Finance, 45% de la collecte des fonds sont investis en dehors de la France. Plus globalement, le placement peine à décoller avec seulement 250 millions d'euros récoltés en trois mois.

Lancé en grande pompe pour financer les entreprises françaises, le PEA-PME peine à décoller. Selon une étude publiée par Arkeon Finance, jeudi 19 juin, seuls 250 millions d'euros ont été collectés par des fonds PEA-PME depuis la publication du décret actant sa création le 5 mars dernier.

"C'est un démarrage lent, ce qui n'est pas illogique: les entreprises doivent se familiariser et il faut que les réseaux bancaires fassent de même. C'est donc un démarrage lent mais qui va s'accélérer", a estimé François Pérol, le président du directoire de BPCE, interrogé sur le sujet sur BFM Business.

Et sur ces 250 millions, seuls 55% sont réellement investis dans des entreprises françaises. Le solde est placé dans d'autres sociétés européennes éligibles. "En particulier, les valeurs allemandes sont très présentes dans les portefeuilles de fonds", explique au Figaro Robert de Vogüé, président d'Arkeon Finance.

Un problème de liquidité

Au final, seuls 141 millions d'euros sont effectivement investis dans des sociétés tricolores. Et seulement une partie d'entre elles captent l'épargne du placement car 80% du gisement, c'est-à-dire des sociétés cotées éligibles au PEA-PME, est laissé pour compte, selon Arkeon Finance.

Explication: "Les gérants investissent dans des sociétés 'liquides' et dont les capitalisations sont supérieures à 200 millions d'euros", indique Arkeon Finance. C'est ce critère important dans les mandats des gestionnaires qui élimine les 4/5e des sociétés éligibles.

Cette même raison explique également pourquoi près de la moitié de la collecte quitte l'Hexagone. "Il semblerait qu’après avoir exploité le gisement des sociétés cotées éligibles françaises 'liquides' (compartiment A et B), les gérants ont complété leur portefeuille en investissant dans des PME éligibles 'liquides' d’autres pays d’Europe", observe ainsi Arkeon Finance.

J.M.