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Paris: le FMI a empêché des pertes beaucoup plus lourdes.

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(CercleFinance.com) - En dépit d'une spectaculaire tentative de reprise en main du marché en milieu d'après midi (avec une remontée du CAC de -2,3% à +0,2%), les vendeurs ont repris l'avantage au cours de la dernière heure: la préservation du

(CercleFinance.com) - En dépit d'une spectaculaire tentative de reprise en main du marché en milieu d'après midi (avec une remontée du CAC de -2,3% à +0,2%), les vendeurs ont repris l'avantage au cours de la dernière heure: la préservation du palier des 5.000Pts n'a pas été obtenue, Paris cède -0,93% à 4.987Pts.

Seule consolation, ce niveau est très éloigné de 70Pts du 'plus bas du jour' (inscrit à 4.916), mais la volatilité évoquée par Mario Draghi hier a bien effectué son grand retour avec un CAC balloté entre 5.035 et 4.916, puis remontée fantastique jusque vers 5.044Pts... avant rechute de -57Pts sous les 5.000Pts.

Chez nos voisins, les pertes s'étagent entre -0,7% à Francfort, -1,1% à Madrid, -1,15%à Milan et -1,32% à Londres... et l'Euro-Stoxx50 lâche -0,77%.

Le trou d'air de la matinée n'est pas imputable à la Grèce (même si le suspens qui dure avec ses créanciers n'aide pas les marchés) mais aux signaux de raffermissement économique dans l'Eurozone, ainsi qu'à l'éloignement du risque de déflation.

Il y avait le feu sur les marchés obligataires ce matin avec un véritable vent de panique entre 9H et 11H, avec des opérateurs cherchant à solder leurs positions à n'importe quel prix.
Ce 'sell-off' s'est traduit par un Bund tutoyant les 1% de rendement (0,998%), des OAT flirtant avec 1,30% (contre 0,34% il y a 6 semaines), des 'bonos' espagnols à 2,244% et des BTP italiens à 2,28% (contre 1,041% le 12 mars dernier, soit pratiquement +125Pts de base).

La BCE s'étant longuement exprimée hier -pour admettre que la volatilité pourrait revenir ces prochains mois, une prophétie manifestement auto réalisatrice-, il fallait donc qu'une 'haute autorité' monétaire vienne calmer le jeu.

C'est donc le FMI qui s'en charge un priant la FED de repousser à mi-2016 toute modification de sa politique de taux... et pour faire bonne mesure -afin que chacun comprenne bien qu'une hausse de taux serait absurde- le FMI choisit ce jeudi (heureuse coïncidence) pour annoncer l'abaissement de son anticipation de PIB américain de +3,1% à +2,5%.

S'il avait fallu 'frapper les esprits' encore plus fortement, d'autres prétextes tels que la perte de compétitivité ou l'absence d'inflation auraient pu être invoqués.

Le message des grands argentiers est clair: les marchés ne peuvent et ne doivent en aucun cas baisser de façon durable ou désordonnée... et la seule tendance admissible reste la hausse inexorable des actifs.

Toute baisse des marchés contrarie les objectifs assignés aux programmes d'injections massives de liquidités .

Le message a été reçu 5/5 sur les marchés de taux: les OAT et les Bunds sont revenus à l'équilibre, et se détendaient même de 5Pts de base en moyenne en fin de séance, après avoir pulvérisé des plafonds de rendement plus observés depuis mi-septembre 2014.
C'est également la plus lourde correction sur 6 semaines observée depuis le mois d'août 2010.

Wall Street s'inscrit en baisse à la mi-séance alors que les écarts se creusent: le Dow Jones reperd 0,7% sous les 18.000, le 'S&P' -0,6% (sous les 2.100) et le Nasdaq -0,5%.

Les indices US sont heureusement très loin des -1,3% de pertes qui étaient anticipées en matinée quand l'Euro-Stoxx50 chutait de plus de 2%.

Côté chiffre, la productivité du secteur non agricole aux Etats-Unis a chuté de 3,1% en rythme annualisé au premier trimestre 2015, d'après le Département du Travail qui n'avait annoncé qu'une baisse de 1,9% en estimation préliminaire.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué aux Etats-Unis lors de la semaine du 30 mai, totalisant 276.000 contre 284.000 (révisé) la semaine précédente, a annoncé jeudi le Département du Travail.

'La volatilité n'est pas près de s'en aller alors que l'horloge grecque continue de tourner', commente-t-on chez ADS Securities. La Grèce doit rembourser 300 millions d'euros au FMI demain.

'Tout défaut de paiement envers le FMI demain pourrait se traduire par des conditions de trading chaotiques avant le week-end', prévient de son côté la Société Générale.

La banque française estime que le ton adopté par Syriza suggère que les créanciers devront faire davantage de concessions pour que le Premier ministre grec Alexis Tsipras accepte un accord.

L'euro ne se ressent toujours pas des inquiétudes liées à la Grèce et se stabilise aux abords de 1,127 dollar contre 1,1385 au plus haut ce midi.

Selon les projections macroéconomiques pour la France effectuées dans le cadre de l'Eurosystème, la Banque de France indique que le PIB croîtrait en moyenne annuelle de 1,2% en 2015 puis de 1,8% en 2016 et 1,9% en 2017.

Du coté des valeurs, le secteur de l'énergie/parapétrolier plombe la tendance avec les -3,65% de Technip, les -1,8% de Total, les -3,65% de CGG.
Sinon, Publicis décrochait de -3,1%, Alstom de -2%.
Sanofi remplit son rôle de valeur refuge et gagne +0,05%, ainsi qu'Essilor (stable).
Berenberg Bank a initié jeudi la couverture de Carrefour avec une recommandation d'achat et un objectif de cours de 37 euros, faisant du titre sa valeur préférée ('top pick') au sein du secteur.

Bryan, Garnier & Co. réagit ce matin à l'annonce de ce que la présidence de la République appelle la “refondation de la filiale nucléaire française”, en clair : la reprise partielle de la branche Areva NP par EDF (-2,75%). Maintenant leur conseil antérieur, ils sont donc toujours d'avis d'acheter le titre en visant une valeur d'équilibre de 27,5 euros.

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