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Moody's dégrade Renault en catégorie spéculative

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a31/73456ffae81472d78c79f458802eb - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Face à ses médiocres résultats annuels, l'agence de notation a abaissé la note à long terme du constructeur français.

L'annonce ne va pas aider l'action Renault qui ne cesse de s'enfoncer depuis plusieurs mois. L'agence de notation Moody's a en effet relégué mardi le constructeur automobile français dans la catégorie des émetteurs spéculatifs, en abaissant sa note à long terme de Baa3 (catégorie investissement) à Ba1 du fait d'une faible performance opérationnelle en 2019.

Mood'ys constate "une performance opérationnelle considérablement plus faible publiée au titre de l'année 2019". "Selon les prévisions publiées pour 2020 par l'entreprise, qui anticipe un nouveau recul de la marge opérationnelle du groupe, et la faiblesse de l'environnement de marché, nous ne nous attendons pas à ce que Renault soit capable de retrouver des niveaux corrects de marge opérationnelle à moyen terme", justifie l'agence dans un communiqué.

Défiance

Rappelons que pour la première fois depuis 10 ans, Renault affiche des résultats annuels dans le rouge enregistrant une perte nette de 141 millions d'euros. 

Dans un marché mondial en recul, le groupe au losange a été victime d'une baisse de son activité qui s'est traduite par une chute de sa rentabilité opérationnelle à 4,8% des ventes, contre 6,3% en 2018.

La marge opérationnelle a chuté de près d'un milliard d'euros à 2,66 milliards. Le chiffre d'affaires s'est replié de 3,3% à 55,5 milliards.

Pour 2020, dans un marché mondial toujours en déclin, le groupe au losange anticipe une nouvelle baisse de sa rentabilité opérationnelle, qui devrait se situer entre 3% et 4% des ventes. Il table sur un chiffre d'affaires "du même ordre" qu'en 2019 et sur une activité automobile générant des flux de trésorerie positifs.

L'action du constructeur français a chuté de près de moitié en un an et se trouve quasiment à son plus bas niveau depuis dix ans, signe de la défiance des investisseurs. Défiance concrétisée par la dégradation de Moody's.

OC avec AFP