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Marchés: quand la Grèce n’arrive plus à faire peur

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- - Malgré le gros temps qui menace la Bourse d'Athènes, les marchés européens gardent leur sang-froid. Angelos Tzortzinis - AFP

Malgré une certaine volatilité sur les actions et sur l’euro, le dossier grec ne semble vraiment plus être la priorité des investisseurs boursiers, qui préfèrent se concentrer sur les fondamentaux de l’économie européenne. Imperturbablement.

Jamais les incertitudes autour de la Grèce n’auront été aussi fortes, et le désaccord total entre autorités européennes et pouvoir grec.

L’impasse est indéniable, et certains économistes d’estimer que la situation est même plus grave que la première crise de 2011. Le scénario de sortie du pays de la zone Euro, même si personne ne le prend encore au sérieux, reste pourtant sur la table.

Stop ou encore ?

Et pourtant, la séance de ce 17 février à Paris aura été extrêmement parlante. Effectivement les turbulences et l’impasse grecque ont fait tomber les indices en début de séance, jusqu’à 1.3% pour le CAC 40.

Indice qui au passage aurait sans doute eu besoin de consolider ses gains récents pour aller plus haut, après avoir pris plus d’1,5% en 3 séances, avec de beaux obstacles techniques à la clé, en particulier les plus hauts de l'année ! 

En renfort, une Allemagne qui rassure

Impact sensible aussi sur l’eurodollar, avec un petit passage sous le niveau d’1.14. Mais pas de quoi décrocher plus, malgré un marché des changes où les cambistes ont tendance à amplifier le moindre écart.

Et il aura fallu 2 statistiques en Allemagne pour faire repartir le marché, l’indice ZEW du sentiment économique, et les commandes aux usines, toutes deux supérieures aux attentes. L’Allemagne prouve que pour l’instant le petit trou d’air conjoncturel de la fin de l’année dernière n’aura été que de courte durée.

Technique et conviction

Le marché réduit ses pertes, les acheteurs américains entrent en action dans l’après-midi, plusieurs seuils techniques continuent de profiter aux acheteurs, 2100 sur le S&P500, 18000 sur le Dow Jones, la tendance fait le reste et le CAC40 termine proche de l’équilibre.

Encore une fois on sent les puissants supports dont bénéficie le marché. Des investisseurs qui se disent que quelque soit l’ampleur des désaccords dans le règlement du dossier grec, les deux parties sont forcées de trouver une solution, personne ne croit à une explosion en règle de la zone Euro. Zone Euro dont le gros poumon économique allemand est en train de repartir, avec à l’affut des actions européennes en plus, des investisseurs étrangers qui visiblement jugent le risque contenu par rapport aux bénéfices escomptés.

Sale temps pour les "Bears"

Bref si on veut jouer le marché à la baisse, ou prendre des profits de manière musclée, la seule solution est de très court terme. Profiter des petites corrections et du surcroît de volatilité que provoquent les développements négatifs des problèmes grecs. Mais vite et bien, car la force des supports et des flux d’investissements positifs scelle la tendance rapidement, et pour l’instant toujours en faveur de la hausse.

De quoi avoir comme objectifs en tête de nouveaux plus hauts annuels à coup sûr, et regarder en souriant vers les 5000 points ! Décidemment, sale temps pour les vendeurs.

Antoine Larigaudrie