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La victoire de Macron a rendu la dette française plus attractive

La dernière émission de maturité 30 ans a reçu un vif succès de la part des investisseurs étrangers.

La dernière émission de maturité 30 ans a reçu un vif succès de la part des investisseurs étrangers. - Loic Venance - AFP

Inquiets dans les mois qui ont précédé l'élection, les investisseurs étrangers semblent rassurés par la victoire d'Emmanuel Macron et sont à nouveau enclins à racheter de la dette française.

L'élection présidentielle française a rassuré les investisseurs étrangers. Si pendant de nombreux mois, la dette française a été boudée sur les marchés financiers avec pour conséquence un écartement du "spread" entre l'Allemagne et la France, elle a tendance ces dernières semaines à retrouver la cote. Et notamment auprès des financiers japonais, qui sont parmi les plus gros détenteurs d'obligations françaises.

Lors de la semaine du 13 mai, ils en ont acheté pour 1821 milliards de yen (14,8 milliards d'euros). Soit le montant le plus élevé recensé depuis la première semaine de juillet 2016 et le troisième plus élevé depuis le début du suivi de ces mouvements par le ministère des Finances en 2005.

Marine Le Pen inquiétait les Japonais

"Il s'agit probablement d'une réaction au résultat de l'élection présidentielle française. Les investisseurs étrangers qui étaient restés en retrait en attendant le résultat ont repris leurs investissements en obligations étrangères", commentait alors Naomi Muguruma, responsable de stratégie senior chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities, citée par Reuters.

Pourtant, au premier trimestre, la donne était bien différente. Les ventes nettes de dettes françaises (achats-ventes) par des investisseurs japonais avaient atteint 22 milliards d'euros dont 12,5 milliards pour le seul mois de février, coïncidant ainsi avec la bonne période électorale de Marine Le Pen. Entre janvier et mars, ils avaient donc cédé près de 80% des OAT achetées en 2016 (28,6 milliards d'euros nets). 

Allemands et Britanniques se sont rués sur l'obligation à 30 ans émise par la France 

Autre signe du nouvel appétit des investisseurs étrangers: la demande pour la nouvelle obligation d'État à 30 ans. En effet, lors de cette émission (dont l'échéance est fixée à mai 2048), l'Agence France Trésor, qui souhaitait récolter 7 milliards, a reçu plus de 31 milliards d'ordres de la part de 200 investisseurs. Allemands et Britanniques se sont rués dessus puisqu'ils ont souscrit, à eux deux, plus de la moitié des titres de l'opération tandis que les Français n'ont été servis qu'à hauteur de 14%.

Pour autant, les investisseurs étrangers sont loin d'avoir rattrapé le chemin perdu ces dernières années. Fin 2016, ils ne possédaient plus que 58,5% du stock de dettes françaises. Il faut remonter dix ans en arrière pour retrouver un taux aussi bas. Même en 2011, en pleine crise de la dette en zone euro, les étrangers détenaient encore 64% des encours hexagonaux.