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La spéculation s'emballe sur Viadeo

Dan Serfaty devrait trouver rapidement une solution pour ses activités chinoises déficitaires.

Dan Serfaty devrait trouver rapidement une solution pour ses activités chinoises déficitaires. - WANG ZHAO / AFP

L'action Viadeo s'envole en Bourse. Le réseau social professionnel pourrait se retirer du marché chinois.

Viadeo s’envolait lundi de 40% à la Bourse de Paris (+40,3% à 2,47 euros à 14h30), signant un rebond spectaculaire après ses plus bas historiques inscrits quelques jours auparavant. Les volumes de plus de 150 000 titres à mi-séance, les plus élevés depuis mars dernier, témoignent de l’importance du regain d’intérêt.

Les investisseurs se repositionnent sur le titre dans l'espoir d'une prochaine solution pour les activités chinoises du réseau social professionnel, grandes consommatrices de cash. Dans une interview au JDN, Dan Serfaty, le PDG de l'entreprise, laisse en effet entendre que "la Chine ne sera plus un poids financier" d'ici la mi-2016.

"Nous espérons trouver un partenaire majoritaire qui investira à nos côtés au niveau de la filiale chinoise pour que la Chine ne nous coûte plus rien en 2016", explique le dirigeant, qui "espère que ça va pouvoir se faire proprement". Dans le pire des cas, "s'il le faut nous fermerons la Chine. Ce serait un crève-coeur, mais on n'en est pas là…" ajoute Dan Serfaty.

La Chine, un foyer de perte à évacuer

L’arrivée d’un actionnaire majoritaire permettrait à Viadeo de déconsolider ce foyer de pertes dans ses comptes, et d'évacuer ainsi le risque sur la trésorerie du groupe.

Depuis son introduction en juillet 2014 au prix de 17,10 euros, l’action Viadeo n’a cessé de perdre du terrain, sur fond d’inquiétudes sur le modèle économique de la société, un sentiment alimenté par ses mauvaises performances financières.

Viadeo, qui espérait lever jusqu’à 40 millions d’euros lors de son entrée en Bourse, n’avait pu réaliser qu’une levée de fonds a minima, se contentant de 23 millions d’euros. De 24,4 millions d’euros fin décembre 2014, sa trésorerie est tombée à 16 millions d’euros fin juin 2015. Faute de résoudre son problème chinois, la société pourrait se retrouver à court de cash mi-2016.

François Berthon