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D'Air France à Vinci en passant par LVMH, voici les titres qui performent

Peu d'analystes avaient prévu une telle surperformance du secteur du luxe en ce déut d'année, au vu des incertitudes économiques mondiales. LVMH en particulier signe une performance remarquable.

Peu d'analystes avaient prévu une telle surperformance du secteur du luxe en ce déut d'année, au vu des incertitudes économiques mondiales. LVMH en particulier signe une performance remarquable. - Eric Piermont - AFP

Après plus de 6 semaines très éprouvantes pour les nerfs des investisseurs, on commence à cerner certaines tendances. Ainsi, certains secteurs d'activité, pas franchement attendus, ont bien tiré leur épingle du jeu.

Nouvelle phase de la guerre des changes, environnement instable, marché chinois problématique… Qui aurait parié sur les perspectives sur le secteur du luxe pour ce début d’année? Pas grand monde… Et pourtant par la qualité de leurs résultats, les deux géants français du secteur ont rassuré les investisseurs.

Alors que le CAC40 perd un peu plus de 8% depuis le début de l’année, LVMH a regagné 6,7%, sa holding de tête Christian Dior 4.5%, Kering 3,6% et Hermès, 3,14%. Et même si les qualités financières des grands noms du luxe français sont différentes à chaque fois, il y a un véritable fil directeur à tout cela.

Une amélioration réelle et continue des performances opérationnelles du cœur de métier (mode-maroquinerie chez LVMH, Gucci pour Kering), des taux de changes finalement plutôt favorables, et des tendances de marché qui sont redevenues positives après une année 2015 très compliquée. L’effet de base aura été favorable.

Des surprises dans l’aérien

Autre secteur qui se distingue par sa solidité, la construction et les concessions. Vinci gagne 6,6%, Eiffage 5,2%. Malgré encore une fois un contexte économique instable, ces groupes ont bénéficié déjà de leurs revenus récurrents, de performances financières de premier ordre, et d’une politique de redistribution des bénéfices qui garantit des dividendes très honorables. 

Dans une conjoncture tourmentée ou l’investisseur est à la recherche de rendement, à travers des valeurs peu exposées à la volatilité des marchés internationaux, assez resserrées sur les activités domestiques où la conjoncture s’améliore d’ailleurs, Vinci et Eiffage apparaissent comme les valeurs parfaite pour sécuriser son portefeuille.

Enfin à noter la belle envolée d'Air France KLM, qui gagne 18%. Malgré une restructuration en cours, toujours problématique, les investisseurs sont revenus en masse sur le titre du groupe franco-néerlandais, dans un premier temps pour jouer la baisse de la facture pétrolière.

Bien inspirés, ils tirent désormais d’une compagnie qui a signé un retour aux profits sur l’année 2015, et qui a su tirer parti d’une amélioration de sa trésorerie et de sa capacité à créer de la marge. L’avenir reste incertain, mais l’acquis de ces premières semaines de 2016 est très encourageant.

Groupes miniers et pétroliers en souffrance

Restent les perdants… Et là rien de surprenant. Les miniers et les pétroliers, particulièrement les parapétroliers, pâtissent d’une crise dont l’ampleur reste exceptionnelle.

CGG, le spécialiste de la prospection sismique, le plus exposé des parapétroliers, fragile financièrement, perd plus de 64%. Bourbon, spécialiste du transport maritime de produits pétroliers et gaziers, perd quasiment un tiers de sa valeur en bourse.

Parmi les miniers, Areva, aux prises aussi avec la restructuration de son pôle réacteurs par EDF, perd plus de 31%. Le géant du nickel Eramet dégringole de 45%, Mersen, spécialiste du graphite, -30%, et Blue Solutions, filiale batteries électriques de Bolloré, très dépendant des cours du lithium, perd 23,6%.

La tempête parfaite autour de Vallourec

Et que dire de Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudure, à destination de l’industrie pétrolière et parapétrolière… Victime de la baisse du brut et de la crise du secteur de l’acier, et du dumping chinois. Le titre perd en bourse 51% depuis le 1er janvier.

Mais dans un marché qui tente de se stabiliser ces jours-ci, à priori très peu d’intervenants commencent à jouer les valeurs qui ont le plus baissé pour tenter le rebond. Encore trop d’incertitudes notamment autour des perspectives sur les matières premières.

Vers un rétablissement des banques?

Seul le secteur bancaire à fait la bascule et encore depuis quelques jours, avec un certain apaisement au milieu de toutes les inquiétudes de marché, notamment autour de la Deutsche Bank.

Si BNP Paribas perd encore 21% et -26% pour la Société Générale, Natixis arrive à surperformer avec une perte de seulement 12%, et -14 pour le Crédit Agricole. Un début de retournement qui pourrait être le signal d’une vraie reprise, malgré le climat de marché très complexe et l’environnement de taux négatifs.

Antoine Larigaudrie