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Carrefour sanctionné en Bourse malgré de solides ventes

Carrefour sanctionné en Bourse malgré de bonnes ventes trimestrielles

Carrefour sanctionné en Bourse malgré de bonnes ventes trimestrielles - Sia Bambou / AFP

Des ventes trimestrielles supérieures aux attentes n’empêchent pas l’action Carrefour de chuter lourdement vendredi, les investisseurs étant dans l'impossibilité de prédire la marge du groupe pour 2017.

Carrefour était lanterne rouge du CAC 40 vendredi, chutant de près de 5% à mi-séance (-4,6% à 21,3 euros à 12h00) à la suite de la publication de son chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2017. Le distributeur a pourtant réalisé de solides ventes de 21,76 milliards d'euros sur le trimestre écoulé, en nette hausse de +6,2% pour une croissance interne (à magasins comparables) de +2,8%.

"La croissance des ventes à magasins comparables hors effet calendaire et hors essence a dépassé les attentes à + 2,8% contre + 1,7% attendu par le consensus", notent ainsi les analystes de Bryan Garnier.

"Néanmoins, cette solide performance a été soutenue par des comparaisons favorables liées à la météo, exceptionnellement bonne en Europe en 2017 alors qu'elle était exceptionnellement mauvaise en 2016", fait remarquer le broker.

Surtout, le courtier rappelle que les investisseurs prêtent toujours particulièrement attention aux performances du groupe en France.

"Inconfortable incertitude" sur la marge

Pour défendre ses positions dans les hypermarchés dans l'hexagone, notamment face à Leclerc, Carrefour a investi à la fois dans les prix et les promotions, avec un certain succès. Sa part de marché a en effet augmenté de 0,5% au deuxième trimestre 2017, soit "la première performance positive depuis le troisième trimestre 2015", note Bryan Garnier.

Pour autant, la direction du groupe est demeurée assez floue sur les investissements réalisés, indiquant seulement qu'ils ont été "assez importants pour que les clients puissent les constater".

"Par conséquent, nous n'avons aucune idée de l'ampleur des investissements dans les prix que Carrefour a dû faire pour contrer Leclerc", commente Bryan Garnier, qui juge ainsi difficile de prédire la marge de Carrefour en France en 2017. Sur ce point, "nous sommes dans une zone inconfortable d'incertitude", écrit le courtier.

Une inquiétude que les dirigeants de Carrefour n'ont rien fait pour dissiper en refusant de commenter la prévision du consensus des analystes sur l'EBIT (résultat d'exploitation) de l'année, attendu autour de 2,49 milliards d'euros.

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François Berthon