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Banques: les mauvaises surprises de HSBC

HSBC paye un lourd tribut de son entrée en période de transformation stratégique: alors que le marché chinois n'est pas aussi performant que prévu, la banque fait face à une inflation de ses coûts, et finit l'année 2015 en perte.

HSBC paye un lourd tribut de son entrée en période de transformation stratégique: alors que le marché chinois n'est pas aussi performant que prévu, la banque fait face à une inflation de ses coûts, et finit l'année 2015 en perte. - Leo Neal - AFP

Douche froide pour les investisseurs ce lundi: HSBC signe une perte sur son 4ème trimestre 2015, confirmant que la réorientation stratégique entamée cet été était plus complexe que prévue.

Une perte de 858 millions de dollars, c’est dire si les analystes sont déçus et se sont un peu gratté la tête pour comprendre pourquoi HSBC a connu une fin d’année aussi négative.

De plus, les premiers communiqués sur les comptes 2015 étant arrivés très tôt, pendant la séance à Hong Kong (il faut se rappeler que les initiales de la banque sino-britannique HSBC signifient Hong Kong and Shanghai Banking Corporation), les explications ont mis du temps à venir, juste avant l’ouverture de la bourse de Londres.

Inflation des frais de justice

Et malheureusement, HSBC souffre avec effet-retard de plusieurs dossiers toujours chauds, mais aussi des coûts supplémentaires de ses orientations stratégiques pour le futur.

Le groupe déplore d’une part l’inflation de ses frais de justice, puisqu’il est impliqué dans un nombre important de litiges réglementaires ces dernières années. Un problème dont ont souffert beaucoup de banques de marché, dont BNP Paribas et son amende record de 2014, notamment.

Turbulences et environnement difficile

HSBC accumule les amendes et les provisions pour les couvrir depuis plus de 5 ans, dans une grande quantité d’affaires. Libor, Euribor, marché des changes, affaires de blanchiment…À chaque fois la banque doit mettre des milliards de dollars de côté en provisions.

Et tout cela entame les bénéfices d’une banque qui est le symbole même du grand établissement financier international, premier touché par les turbulences de marché, et dont les activités obligataires souffrent de l’univers de taux planchers, voire négatifs.

Inquiétudes sur le marché chinois

Ayant senti le vent tourner, la banque a rapidement poussé les feux vers les zones à forte croissance. Et cet été, elle a décidé que sa forte identité chinoise devait être un vecteur de croissance fort. Mais les turbulences qui ont eu lieu juste après ont aussi contribué à cette fin d’année compliquée.

Les perspectives du côté chinois ne sont pas aussi porteuses que prévues, au vu d’un marché en pleine mutation et d’une croissance appelée de toutes les façons à ralentir. Une vraie menace alors que la zone Asie représente à elle seule 83% des profits de HSBC!

Période de transition

La banque estime que ce "ralentissement chinois contribuera sans doute à un environnement plus difficile, mais la Chine devrait continuer à apporter la plus forte contribution à la croissance mondiale, alors qu’elle est en période de transition vers une économie plus tirée par la consommation, avec une industrie et des services à plus forte valeur ajoutée". Confiance renouvelée sur le long terme, mais la période est difficile.

Par ailleurs, les activités de courtage ont subi la forte baisse des cours des matières premières, une vraie problématique pour tous les producteurs et toute l’industrie en Asie, notamment du côté des métaux et des minerais.

La facture de la transformation

Mais de fait, cette réorientation peu porteuse sur l’Asie pour le moment, coïncide avec les frais de restructuration des activités moins porteuses. Par exemple, HSBC doit payer un lourd tribut pour la restructuration de l’important pôle bancaire qu’il avait fondé au Brésil. Face à de vraies incertitudes économiques, le groupe y a nettement réduit la voilure. Mais tout cela a un coût, comme le reste des métiers et des zones géographiques où il abaisse ses capacités. Cela se traduit par la suppression de 25.000 postes, annoncée cet été et toujours en cours.

Les investisseurs invités à la patience

HSBC sait qu’elle est en période de transition. Les litiges et les frais de restructuration n’auront qu’un temps. Mais le marché espère que la conjoncture va vite se retourner de manière à ce que les orientations stratégiques du groupe soient validées, car elles tardent à payer pour le moment.

Les analystes en tout cas notent, facteur encourageant, que le dividende est en hausse, à 50 cents contre 49. Un signe de confiance adressé aux investisseurs, invités à faire preuve d’encore un peu de patience, alors que se profile une année 2016 encore très incertaine… avec peut-être un "Brexit" à gérer!

Antoine Larigaudrie