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Accor change de PDG, remplacé par un trio

Denis Hennequin n'est plus à la tête du groupe Accor, depuis ce mardi 23 avril.

Denis Hennequin n'est plus à la tête du groupe Accor, depuis ce mardi 23 avril. - -

Denis Hennequin n'est plus le PDG d'Accor. La décision a été annoncée à l'issue d'un conseil d'administration du groupe hôtelier, mardi 23 avril. Mais la stratégie des actionnaires a de quoi laisser songeur.

C’est une demi-surprise: le conseil d'administration du groupe Accor a mis fin, mardi 23 avril, aux fonctions de Denis Hennequin, son PDG.

Arrivé en 2010, le dirigeant paye ses différences de vues avec ses actionnaires. Depuis quelques mois, la tension est en effet montée d'un cran entre les deux parties.

D'un côté, les fonds d'investissement Eurazeo et Colony Capital, qui réclament des mesures d'urgence -la scission de l’immobilier par exemple- pour mieux valoriser leur participation. De l'autre, la direction, qui est dans une logique entrepreneuriale à plus long terme.

Du coup, le désaccord se fait permanent. Dernier exemple en date : un plan de départs volontaires, jugé beaucoup trop onéreux par les deux actionnaires. Le rythme de transformation du groupe est également jugé un peu lent par ces derniers.

Accor "n'est pas positionné" au contraire des grands groupes

Une décision qui laisse sceptique les observateurs, parmi lesquels Marc Riez, directeur général de Vega Investment. "Changer de manager, pourquoi pas", s’est-il interrogé au micro de l’émission Integrale Placement, sur BFM Business. "Le problème, c’est qu’ils (les actionnaires) ont déjà "brulé" deux managers qui, je pense, sont de grande qualité, tant Pélisson [remercié en 2010, NDLR] qu’Hennequin."

Selon lui, "il faut peut-être qu’ils réfléchissent à leur propre stratégie, et en particulier à la volonté de faire un "coup" immobilier avec la valeur Accor. Car cela, à mon avis, ils ne le feront pas."

Pour Marc Riez, la voie à suivre est ailleurs : "Quand on regarde ceux qui marchent bien (Hilton, Intercontinental), ce sont des groupes qui ont énormément investi dans leur image, dans la qualité de leur prestation, dans le service, dans la présence internationale, etc. Ils sont clairement positionnés, ce que n’est pas Accor."

Le cours de l'action chute en Bourse

De plus, Denis Hennequin ne peut, cette fois-ci, même plus compter sur le soutien de Franck Riboud. Ce dernier a en effet démissionné en janvier dernier de son siège d'administrateur, sans être remplacé.

Le PDG de Danone se disait lassé des attaques répétées des deux fonds…Qui ont déjà raté un de leurs paris, à savoir faire remonter le cours du titre Accor. A la clôture, celui-ci était en baisse de plus de 2%, alors que la Bourse de Paris signait sa plus forte hausse de l'année.

La nouvelle direction, décidée par le conseil d'administration sera temprairement composée de trois personnes, a indiqué Accor dans un communiqué.

Le trio sera composé de Philippe Citerne à la présidence, de Sébastien Bazin à la vice-présidence et de Yann Caillère à la direction générale.

Philippe Citerne était jusqu'ici vice-président du conseil d'administration d'Accor. Sébastien Bazin est directeur général du fonds Colony Capital, et Yann Caillère, directeur général d'Accor.

Y.D. et BFM Business