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Pascal de Izaguirre (Corsair) : "Aucune compagnie aérienne ne peut traverser cette crise sans aide de l'État"

Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne Corsair, était l'invité ce lundi matin de Good Morning Business sur BFM Business.

L'aide publique accordée à la compagnie aérienne Corsair ne réjouit pas tout le monde. Le transport aérien vers l'Outre-mer "n'a pas besoin de subventions publiques parce que ce sont des gros volumes, parce qu'il y a de grosses compagnies qui opèrent", déplorait vendredi Marc Rochet, président d'Air Caraïbes, sur le plateau de BFM Business. "Si l'Etat doit forcer ou tromper les conditions de concurrence, nous interviendrons", prévenait-il. L'Etat a versé 141 millions d'euros dans le cadre d'un accord de recapitalisation de Corsair de 300 millions d'euros.

Invité de Good Morning Business ce lundi matin, le patron de Corsair a tenu à répondre. "Compte tenu du caractère exceptionnel de la crise, et personne ne conteste que le transport aérien fasse partie des secteurs les plus affectés et les plus sinistrés (…), aucune compagnie aérienne ne peut traverser cette crise sans aide de l'Etat. Que ça soit en France ou dans tous les autres pays, tous les Etats aident leurs compagnies nationales", a déclaré Pascal de Izaguirre, avançant qu'Air Caraïbes, via son actionnaire, a de son côté demandé un prêt garanti par l'Etat.

Des prêts "intégralement remboursés"

Ces subventions publiques "sont des prêts qui seront intégralement remboursés", a-t-il assuré. Le PDG de la compagnie aérienne ne s'inquiète pas d'une éventuelle plainte déposée contre ces subventions accordées à son entreprise. "Le dossier, on y travaille depuis plusieurs mois, il est fait en relation très étroite avec Bruxelles, je peux vous dire que tout est compatible avec le droit européen, on a aucune inquiétude de ce côté-là", a précisé Pascal de Izaguirre.

"Au contraire, il faut se féliciter que l'Etat français ait été stratège. Le transport aérien français se portait quand même très mal avant la crise du Covid-19 (…). Il faut se réjouir que l'Etat, par souci de préserver les emplois, de préserver le niveau de concurrence, notamment sur les Outre-Mer, ait pris cette décision", a-t-il estimé. Par ailleurs, "il faut absolument rappeler que cette aide s'insère dans un dispositif plus vaste où tout le monde a fait des efforts. Les personnels de la compagnie ont fait des efforts très substantiels", notamment de diminution de salaires.

J. B.