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BNP, SEB, PSA… Les sociétés françaises se positionnent en Chine

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Les firmes hexagonales misent de plus en plus sur la Chine pour y développer leurs activités. A commencer par des programmes d’envergure destinés, entre autres, aux marchés des transports et de la consommation.

Cap à l’Est. A l’Est de la Chine plus précisément. C’est là, à Shanghai, Pékin, Jiangsu, Zhejiang ou encore à Anhui que les grandes entreprises françaises s’implantent le plus depuis 2008. Et si elles ont fait de cette région, leur havre d’implantation économique de prédilection ce n’est pas le fruit du hasard. Cette inclinaison à y installer leurs activités remonte, en réalité, au Second Empire.

Depuis, elles sont tantôt parties, tantôt revenues. Notamment à partir des années 90, après que le district de Pudong ait été reconnu en tant que zone économique particulière. Au fil des ans, la présence des organisations françaises a sensiblement augmenté. Usines, filiales commerciales décident peu à peu de poser leurs valises dans cette ville-région qui devient même LE premier lieu d’implantation des entreprises tricolores en Chine (elles étaient 820 en 2008).

Aujourd’hui, l’Est de la Chine concentre 45,4 % des entreprises hexagonales. La région attire, par ailleurs, une population française qui croît très rapidement et qui est désormais évaluée à 15 000 ressortissants (la plus nombreuse d’Asie).

Mariages heureux

Mais ce qui se révèle surtout significatif, c’est que cette partie du monde constitue un point d’encrage pour des entreprises tricolores issus de secteurs extrêmement variés. Luxe, distribution, santé, technologie, finance, automobile… Peu de filières font exception à la règle. Des marques françaises d’envergure y installent leurs sièges d’activité. C’est le cas de Carrefour, Auchan, Décathlon, SEB, BNP Paribas, Michelin, Hermès, Ubisoft, L’Oréal, Schneider, Saint-Gobain ou encore de Sanofi-Aventis.

Même son de cloche du côté des PME tricolores qui réussissent aussi à s’y développer sous la houlette de grands comptes hexagonaux dont elles assurent la sous-traitance. Des duos comme Ubisoft et Virtuos (développeur de jeux vidéo) voient le jour dans des marchés de niche où le succès est généralement au rendez-vous.

Participer au développement urbain

Côté production, elle a lieu le plus souvent à l’extérieur des villes, dans des provinces comme celle de Jiangsu, l’un des principaux bassins industriels chinois. Certes, le coût de celle-ci a fortement augmenté, souligne le Consulat Général de France à Shanghai, mais les entreprises tricolores profitent, poursuit l’instance, « de la qualité des parcs industriels et participent au développement urbain rapide et à l’amélioration de l’environnement ».

Le 12 septembre dernier, Alstom et deux de ses coentreprises basées à Shanghai remportaient un contrat d’environ 58 millions d’euros pour concevoir le système électrique, les procédés de traction ainsi que le système de surveillance des 324 voitures qui composeront l’une des futures lignes du métro de Shanghai.

Ainsi, même si la gestion des transports urbains demeure plutôt fermée à l’investissement étranger, Veolia a, malgré tout, réussi a créé une co-entreprise de plus de 2 000 bus il y a 10 ans pour exploiter quatre réseaux dont le trafic annuel atteint 350 millions de voyageurs. Preuve, s’il en est, que peu de secteurs échappent aujourd’hui à la vivacité, mais surtout à l’expertise des sociétés françaises qui misent sur la Chine pour se développer.

Julie COHEN-HEURTON