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Malgré un rebond au 3ème trimestre, le PIB britannique devrait souffrir en fin d'année

Le port international de Portmouth, au Royaume-Uni.

Le port international de Portmouth, au Royaume-Uni. - Charly Triballeau - AFP

Le Royaume-Uni a vu son PIB rebondir de 15,5% au troisième trimestre mais le confinement, comme le Brexit, pourrait casser la reprise en fin d'année.

L'économie britannique a rebondi de 15,5% au troisième trimestre après une récession historique, mais a commencé à flancher en septembre laissant augurer une fin d'année difficile avec le reconfinement et malgré les espoirs de vaccin.

Le produit intérieur brut d'un trimestre sur l'autre est reparti de l'avant grâce à la réouverture de l'économie, selon des chiffres publiés jeudi par le Bureau national des statistiques (ONS).

L'activité s'est relancée au cours de l'été après un effondrement historique du PIB de 19,8% au deuxième trimestre du fait du premier confinement décidé face à la pandémie. Le pays avait déjà subi un repli de 2,5% de son PIB au premier trimestre.

Malgré cette reprise et cette sortie de récession, le PIB reste inférieur de 9,7% à son niveau de fin 2019, soit avant la crise sanitaire.

Au troisième trimestre, l'économie a profité à la fois d'un fort rebond des dépenses des ménages et de l'investissement des entreprises, qui avaient été gelés une bonne partie du printemps.

Essoufflement et pertes d'emplois

En revanche, le mois de septembre montre des signes d'essoufflement de la croissance, qui n'a été que de 1,1% d'un mois sur l'autre, après un mois d'août qui avait profité d'un programme du gouvernement de subventions des repas pris dans les restaurants.

A la rentrée, des restrictions ont été mises en place dans de nombreuses régions du Royaume-Uni, notamment dans le centre et le nord de l'Angleterre, face au début de la seconde vague de Covid-19.

Ces mesures se sont renforcées au cours du mois d'octobre, avant de déboucher sur la mise en place d'un reconfinement en novembre pour un mois en Angleterre.

Le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie et a dépassé mercredi le cap des 50.000 morts, selon le bilan des autorités sanitaires.

La hausse du PIB n'a pas empêché une vague de suppressions d'emplois notamment dans les secteurs les plus touchés par le virus, à savoir le transport aérien, le commerce et la restauration.

Les licenciements dans le pays ont même atteint le nombre record de 314.000 au troisième trimestre, indiquait l'ONS mardi.

"Prudemment optimiste"

La pandémie pénalise lourdement les finances des Britanniques qui sont très nombreux à être obligés de s'endetter pour payer les factures ou les impôts locaux. Quelque 1,2 million de personnes sont concernés par ces difficultés, soit deux fois plus qu'en mars, révèle l'association StepChange jeudi.

Ces chiffres sur la croissance "montrent que notre économie a rebondi pendant l'été mais a commencé à ralentir au début de l'automne", reconnaît le ministre des Finances Rishi Sunak dans un communiqué jeudi.

"Les mesures que nous avons prises pour enrayer la propagation du virus font que la croissance a probablement ralenti depuis", ajoute-t-il.

Il estime toutefois qu'"il y a des raisons d'être prudemment optimiste sur le plan de la santé, en particulier avec les nouvelles prometteuses sur les tests et les vaccins".

En attendant, les économistes prévoient que la reprise subisse un coup d'arrêt au quatrième trimestre avec une probable rechute du PIB.

Thomas Pugh, chez Capital Economics table sur une baisse de 3,5% au dernier trimestre, même si d'autres économiste sont moins pessimistes.

Espoirs pour 2021

Mais la nouvelle sur l'efficacité du vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech "fait que les perspectives pour les six prochains mois pourraient être bien plus roses que ce que nous avions anticipé", explique-t-il.

En raison du reconfinement, le ministre des Finances a prolongé jusqu'à mars le dispositif de chômage partiel censé protéger les entreprises et les emplois.

De son côté, la Banque d'Angleterre a tout récemment musclé son programme de rachat d'actifs pour donner un coup de fouet à l'économie.

L'institution monétaire prévoit une récession plus sévère en 2020, avec une baisse du PIB de 11%, avant un rebond de 7,25% en 2021. Ces prévisions avaient été dévoilées avant l'annonce en début de semaine de résultats encourageants du vaccin Pfizer/BioNTech.

T.L avec AFP