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Malgré les aides aux entreprises, les plans sociaux se multiplient en France

Rassemblement de salariés de Nokia contre les suppressions d'emploi, le 19 octobtre 2020, sur le site de Lannion

Rassemblement de salariés de Nokia contre les suppressions d'emploi, le 19 octobtre 2020, sur le site de Lannion - DAMIEN MEYER © 2019 AFP

Selon les derniers chiffres du ministère du Travail, plus de 67.000 postes ont été visés dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) depuis mars.

Pas de répit pour les plans sociaux. Depuis début mars, 657 plans ont été lancés qui concernent plus de 67.000 suppressions de postes, selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail. C'est près de 2,5 fois plus par rapport à la même période l'an dernier...

Après avoir atteint un pic début juillet (49 procédures sur une semaine) puis être redescendu à l'été, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) est reparti à la hausse en octobre avant de marquer le pas, une nouvelle fois, en novembre.

"Les secteurs les plus concernés par ces ruptures sont ceux de l’industrie manufacturière (40 %), du commerce et de la réparation automobile (22 %) et des activités spécialisées, scientifiques et techniques (9 %)" commente le ministère.

Inquiétudes

Chez les syndicats, l'inquiétude monte face à ces chiffres.

"On espérait que le chômage partiel longue durée permettrait d'éviter les licenciements. Finalement, il protège moins qu'on ne le pensait" explique un haut responsable syndical à BFM Business.

En réalité, seules les entreprises qui tournent au moins à 50% de leur activité optent pour ce dispositif, les autres préfèrent licencier dès maintenant.

Le dispositif en place de chômage partiel longue durée leur permet pourtant, en théorie, d'adapter le temps de travail de leurs salariés à leur l'activité, si elles ne peuvent pas réduire de plus de 40% le temps de travail. Elles pourraient donc baisser le temps de travail davantage maintenant et monter en puissance quand l'activité repartira.

Mais pour cela, encore faut-il avoir de la visibilité. Or, toujours selon le ministère, un tiers des salariés travaillent dans des entreprises qui sont incapables de savoir quand leur activité reviendra à la normale.

Par Thomas Leroy et Caroline Morisseau