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Laurence Boone (OCDE): "On ne voit pas pour le moment de boucle infernale de l'inflation"

Laurence Boone

Laurence Boone - ERIC PIERMONT

Sur BFM Business, Laurence Boone, la cheffe économiste de l'OCDE estime que l'inflation en Europe n'est pas comparable à celle des Etats-Unis.

Transitoire ou durable? La vague d'inflation que connaissent actuellement les pays occidentaux divise les économistes. Si cette semaine le président de la Fed américaine Jérome Powell estimait que l'inflation actuelle ne pouvait plus être considérée comme transitoire, du côté de l'OCDE on est bien plus prudent sur l'hypothèse d'une inflation durable.

Alors que l'inflation a encore progressé en novembre dans l'ensemble de l'Europe (+2,8% en France sur un an), la cheffe économiste de l'OCDE estime que la situation est différente de part et d'autre de l'Atlantique.

"L'inflation aux Etats-Unis n'est pas la même qu'en Europe, a tenu à rappeler Laurence Boone sur BFM Business. Ce qu'on montre dans nos prévisions c'est que ça fait un an qu'on repousse la baisse de l'inflation à un peu plus loin dans le temps parce que les tensions sur les chaînes de production persistent."

3% en 2023

Alors que le retour à une hausse plus modérée des prix était attendu pour le début de l'année 2022, l'OCDE anticipe désormais une inflation moyenne de 4,25% l'année prochaine et de 3% encore en 2023 dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques.

"Si on continue comme ça on va devoir repousser nos prévisions dans le temps, les gens vont se dire qu'il y a de l'inflation et vont demander des hausses de salaire, imagine Laurence Boone. Mais on ne voit pas encore ça."

Le risque d'une inflation dite boucle prix/salaires au cours de laquelle les hausses de prix entraîneraient des hausses de salaires qui entraineraient des hausses des prix (etc.) n'est pas encore visible selon la cheffe économiste de l'OCDE.

"Je ne dis pas qu'il ne faut pas des hausses de salaires, reconnaît-elle toutefois. Il y a des secteurs dans lesquels des hausses devraient venir, on peut penser à la santé, à plein de travaux essentiels et il y a de secteurs où ce sont les conditions de travail qui doivent s'améliorer. Ce qu'on ne veut pas voir c'est une boucle infernale où il y a une course entre les prix et les salaires. On peut revaloriser les salaires sans faire une course. On peut avoir un rattrapage des salaires sans l'avoir tous les six mois ce rattrapage."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco