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La France prête à bloquer les exportations de vaccins pour faire pression sur les laboratoires

L'Italie a décidé de bloquer des stocks du vaccin AstraZeneca destinés à l'Australie, avec l'assentiment de la Commission européenne. Une manière de faire pression sur le laboratoire qui peine à honorer ses commandes sur le vieux continent.

Le rapport de force se tend entre les Européens et les laboratoires. Jeudi, l'Italie a décidé de bloquer l'exportation de 250.000 doses du vaccin AstraZeneca, fabriquées sur son sol et destinées à l'Australie. C'est la première fois qu'un pays européen utilise ce levier, autorisé par la Commission européenne. Une façon pour l'UE de faire pression sur le laboratoire britannique, accusé de ne pas honorer ses commandes de vaccins en temps et en heure.

Une telle mesure pourrait d'ailleurs faire jurisprudence. Invité sur BFMTV, le ministre de la Santé Olivier Véran assure "comprendre" l'Italie.

"Nous pourrions faire la même chose. Nous verrons" prévient-il.

Une menace à peine voilée, et encore plus claire de la part de la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher. "C'est un moyen de faire pression", explique-t-elle sur Europe 1. "Cela nous permet, au-delà des discussions classiques, d'obtenir qu'ils reconvergent vers le contrat initial".

Des retards bientôt résorbés

En réalité, les retards de livraison sont en train d'être résorbés, malgré des retards en janvier et février. Pour Pfizer et AstraZeneca, des soucis industriels ont effectivement ralenti la production mais ces retards devraient être compensés au mois de mars. "À ce stade, nous nous efforçons d’augmenter la productivité de la chaîne d'approvisionnement européenne et de continuer à utiliser notre capacité mondiale afin de nous rapprocher des quantités de doses prévues pour l'UE au deuxième trimestre" expliquait AstraZeneca la semaine dernière.

Selon les derniers chiffres du gouvernement, le vaccin d'AstraZeneca va connaître un vaste déploiement en mars avec 6,4 millions de doses prévues pour la France. En avril, 9,6 millions de doses seront livrées, puis 13,2 millions de doses en mai et 17,7 millions de doses en juin. Pour le deuxième semestre 2021, 44 millions de doses sont attendues.

Du côté de Pfizer, 9 millions de doses sont attendues en mars, puis 19,3 millions de doses en avril. En mai, 29,6 millions de doses sont attendues puis encore 39,9 millions de doses en juin. Enfin, ce sont 78 millions de doses qui sont prévues pour la deuxième partie de l'année 2021.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business