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L'UFC-Que Choisir met en demeure 57 compagnies aériennes qui ne remboursent pas leurs passagers

Plusieurs compagnies aériennes ne respectent pas l'obligation de rembourser les passager dont le vol a été annulé

Plusieurs compagnies aériennes ne respectent pas l'obligation de rembourser les passager dont le vol a été annulé - Alex Edelman / AFP

L'association de défense des consommateurs dénoncent 57 compagnies aériennes qui refusent de rembourser les passagers dont le vol a été annulé. Une obligation pourtant inscrite dans un règlement européen.

L’UFC-Que Choisir attaque les compagnies aériennes. Dans un communiqué paru ce vendredi, l’association de défense des consommateurs annonce mettre en demeure 57 compagnies qui refusent de rembourser les voyageurs dont le vol a pourtant été annulé à cause de la crise sanitaire.

Car il s’agit bien d’une obligation inscrite dans le règlement européen 261/2004 selon lequel les clients doivent "avoir la possibilité de se faire rembourser leur billet" dans un délai de sept jours "ou d’obtenir un réacheminement dans des conditions satisfaisantes". Mais sans recettes, nombreuses sont les compagnies aériennes n’ayant pas la trésorerie suffisante pour honorer leur obligation. A la place, elles proposent automatiquement des avoirs à leurs passagers avec des règles d’utilisation et des durées de validité différentes.

Selon l’UFC-Que Choisir, près de 77% des principales compagnies analysées sont hors la loi en niant le droit à remboursement immédiat des passagers et en imposant un avoir. Mi-mars, la Commission européenne a d’ailleurs rappelé que "si les compagnies proposent un bon, cette offre ne peut pas affecter le droit du passager d’opter pour un remboursement". 

Absence de fonds de garantie

Les compagnies aériennes ont demandé une dérogation à Bruxelles pour pouvoir proposer des avoirs plutôt qu’un remboursement, arguant que c’est leur survie qui est en jeu. Mais elles n’ont pas encore obtenu le feu vert de la Commission. 

L’UFC-Que Choisir dit ne pas être opposée à ce que des avoirs soient proposées aux voyageurs "mais elle refuse catégoriquement que cela leur soit imposé, c’est à eux de choisir". L’association rappelle par ailleurs qu’il "n’existe pas de fonds de garantie dans le transport aérien".

"Autrement dit, si la compagnie aérienne fait faillite, le consommateur qui s’est vu imposer un avoir ne voyagera pas et son argent sera perdu alors qu’il devait être remboursé", alerte-t-elle. Sans réaction des acteurs du transport aérien, l’UFC-Que Choisir envisage d’"engager toute action nécessaire pour que ces droits soient pleinement respectés par les compagnies aériennes". 
Paul Louis