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Washington doit être puni pour ses menaces, juge Ahmadinejad

S'exprimant à l'ouverture d'une conférence des 189 signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réclamé lundi des sanctions contre tous les pays qui menacent de se servir de l'arme atomique, allusi

S'exprimant à l'ouverture d'une conférence des 189 signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réclamé lundi des sanctions contre tous les pays qui menacent de se servir de l'arme atomique, allusi - -

par Louis Charbonneau NATIONS UNIES - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réclamé lundi des sanctions contre tous les pays qui menacent de se...

par Louis Charbonneau

NATIONS UNIES (Reuters) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réclamé lundi des sanctions contre tous les pays qui menacent de se servir de l'arme atomique, allusion transparente à la nouvelle stratégie nucléaire américaine dévoilée le mois dernier.

S'exprimant à l'ouverture d'une conférence des 189 signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), le chef de l'Etat iranien a invité à "considérer toute menace de se servir d'armes nucléaires ou d'attaquer des installations nucléaires pacifiques comme une atteinte à la paix et à la sécurité internationales".

De telles menaces devraient entraîner "une prompte réaction des Nations unies et l'arrêt de toute coopération des pays membres du TNP avec l'Etat menaçant", a-t-il poursuivi.

Ainsi qu'elles l'avaient déjà fait lors de réunions annuelles de l'assemblée générale des Nations unies, les délégations française, américaine et britannique ont quitté ostensiblement la salle pendant l'intervention d'Ahmadinejad.

"Je pense que notre délégation et beaucoup d'autres ont quitté à juste titre alors qu'une série d'accusations extravagantes étaient formulées au cours du discours", a déclaré Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche.

La délégation américaine est sortie au moment où Ahmadinejad accusait Israël de menacer ses voisins de "terrorisme et invasion" et de bénéficier d'un soutien inconditionnel de Washington et de ses alliés.

Parmi les sanctions contre les pays utilisant ou menaçant d'utiliser l'arme atomique contre d'autres nations, il faut envisager la suspension de ces pays du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a dit l'orateur.

"RÉVOLTANTES ET HONTEUSES"

En vertu de sa nouvelle stratégie, Washington s'engage à ne pas recourir à l'arme nucléaire contre un Etat qui n'en dispose pas et qui a signé le traité de non-prolifération.

Mais il n'exclut pas d'y recourir contre des pays tels que l'Iran et la Corée du Nord qui ont enfreint selon lui le TNP.

Les Etats-Unis et Israël ont laissé entendre qu'ils pourraient recourir à des opérations militaires contre les installations nucléaires de l'Iran qu'ils soupçonnent de vouloir se doter de l'arme atomique. Téhéran s'en défend et affirme vouloir seulement produire de l'électricité.

Ahmadinejad n'a pas évoqué le programme d'enrichissement de l'uranium de l'Iran, qu'il a refusé de suspendre, ce qui a incité le Conseil de sécurité de l'Onu à imposer par le passé à l'Iran trois trains de sanctions. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine discutent actuellement de l'adoption d'une quatrième série de sanctions.

Le président iranien a qualifié les armes nucléaires de "révoltantes et honteuses" et il a accusé les Etats-Unis et leurs alliés de recourir à la crainte d'une prolifération pour empêcher les pays en développement d'accéder à la technologie nucléaire à des fins pacifiques, en violation du TNP.

Un tel argument a dans le passé trouvé un écho favorable auprès de pays en développement qui constituent la majorité des signataires du TNP.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton devait à son tour s'exprimer à la tribune de la conférence du TNP lundi.

A Washington, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré que l'Iran réunissait des missiles balistiques et de croisière, des mines et des vedettes rapides "afin de défier la puissance navale américaine dans la région".

Il ne s'est pas étendu sur la menace posée par la République islamique.

Louis Charbonneau, avec Jim Wolf à Washington; Nicole Dupont pour le service français